lundi 19 juillet 2010

Chapitre 15, versets 8 à 10

La parabole de la drachme perdue

Peut-être nous est il arrivé, en feuilletant un magazine de tomber sur le jeu des différences. Deux dessins mis côte à côte semblent identiques. Mais en les observant de plus près, on constate des changements dans quelques détails. Mises à côte à côte, la parabole de la drachme perdue et celle de la brebis égarée sont identiques sur le fond. Elles ont comme objet le même enseignement. C’est par les différences qu’elles comportent qu’apparaissent les nuances que Jésus a voulu y apporter. Comptabilité et analyse des différences et ressemblances entre les deux tableaux :

1ère différence : le berger qui cherche la brebis s’est transformé en une femme qui cherche une pièce d’argent. Si Jésus est, des personnes de la Divinité, Celui qui est à même d’endosser le rôle du berger, beaucoup de commentateurs ont assimilé la femme au Saint-Esprit qui, avec la lampe de la Parole de Dieu : cf Ps 119,105, est à la recherche des âmes perdues.

2ème différence : la brebis égarée s’est transformée en une pièce d’argent commune perdue. La différence entre les deux est notoire. Si la brebis peut avoir conscience de son égarement, la pièce, quant à elle, ne sait rien de la situation dans laquelle elle se trouve. La pièce traduit bien la situation d’ignorance complète dans laquelle se trouve la plupart de nos contemporains quant à leur situation spirituelle devant Dieu. Ils sont perdus, éloignés de Dieu, mais n’en ont aucune conscience.

3ème différence : alors que les brebis en sécurité sont au nombre de 99, les pièces qui restent à la femme se limitent à 9. Le fait que le rapport entre ce qui est égaré et ce qui ne l’est pas passe de 1% à 10% apporte en apparence une forte valeur ajoutée au premier. L’objectif de Jésus dans la première parabole était de mettre en valeur la valeur d’une brebis par rapport au reste du troupeau. Une telle valeur n’aurait pas été mise en lumière dans la même proportion dans l’histoire de la drachme. Il fallait donc un rééquilibrage. La perte d’une seule pièce sur dix pour la femme équivaut à celle d’une brebis sur cent pour le bon berger. Dans les deux cas, la leçon est la même : une âme perdue est quelque chose d’infiniment précieux pour Dieu.

1ère ressemblance : l’empressement mis par le bon berger et la femme pour retrouver ce qui est égaré est le même. La leçon a pour but de montrer que ce n’est pas seulement le Fils, mais toute la Divinité et, en particulier ici, le Saint-Esprit, qui est investie dans l’œuvre de sauvetage des perdus : cf Jean 16,8 à 11.

2ème ressemblance : la force de la joie de la femme et du bon berger, après avoir trouvé ce qu’ils cherchaient, est aussi grande des deux côtés et s’extériorise de la même manière : chacun appelle ses amis et ses voisins pour fêter l’événement. La joie qui est dans le ciel pour un pécheur qui se repent est la joie de tout le ciel.

3ème ressemblance : la conclusion de Jésus pour les deux histoires est la même. Toute la Divinité travaille à notre salut. Toutes les créatures qui sont dans le ciel exultent lorsque nous y entrons.

Que Dieu soit béni pour l’œuvre d’éclairage du Saint-Esprit dans nos vies !

samedi 17 juillet 2010

Chapitre 15, versets 3 à 7

La parabole de la brebis perdue

Outre la liberté que Sa sainteté Lui donnait, Jésus donne ici et dans les deux paraboles qui suivront la raison majeure de Sa proximité voulue avec les gens de mauvaise vie. Toute la raison d’être de l’envoi par le Père du Fils dans le monde tient à une seule chose : le salut des hommes perdus, séparés de Dieu, égarés dans le péché. Chacune à sa manière, les trois paraboles que Jésus va donner témoignent de cette volonté commune de la Divinité.

La première parabole place la Divinité, et plus particulièrement le Fils, dans la peau d’un bon berger, soucieux, attentionné, préoccupé par la vie et la sécurité de chacune des brebis de son troupeau. Ce troupeau, le troupeau du berger, dit Jésus, compte 100 brebis, pas une de plus, ni, surtout, une de moins. Or, voilà qu’en comptant ses brebis, peut-être le soir, au moment de les rentrer dans la bergerie, le berger s’aperçoit que l’une d’entre elles s’est égarée. La parabole ne le dit pas, mais nul doute qu’il sait laquelle manque : le berger attentionné connaît chacune de ses brebis : Jean 10,14. Ce qui, pour un mercenaire, serait sans importance : Jean 10,12, tourne pour le bon berger au drame. Dans son cœur, la brebis manquante vaut tout le troupeau. Pas question pour lui de la laisser livrée à son sort et à la dent des prédateurs : sans lui, il le sait, elle n’a aucune chance de survie. Le bon berger décide donc d’une chose : il met en sécurité les 99 qui sont avec lui pour partir sauver sa brebis.

La décision du berger prise, Jésus s’attelle maintenant à décrire avec quel zèle, persévérance le berger cherche la brebis. Nous ne savons ni combien de temps la recherche a duré, ni dans quel lieu elle a conduit ses pas : Jésus se contente de dire que le berger poursuivra sa recherche jusqu’à ce qu’il la retrouve. L’histoire, pour autant, ne se termine pas là. Le fait d’avoir retrouvé la brebis perdue est une chose, mais il ne traduit pas à lui seul la réalité de ce que vit le berger. Jésus n’en parle pas, mais notons d'abord qu'aucun reproche n’est fait à la brebis. Celle-ci ne peut s’exprimer oralement. Mais on peut supposer à la fois la honte et le soulagement qui furent les siens en entendant la voix de son berger. Ce que fait ensuite le berger traduit pour nous les sentiments qui l’habitent, sentiments, rappelons-le, qui sont aussi ceux de la Divinité au sujet du salut d’un seul pécheur :

- le bon berger prend en charge la brebis. Il ne la laisse plus folâtrer selon son bon plaisir, mais l’installe sur ses épaules, le lieu le plus sécurisé qui soit pour elle

- le bon berger rentre à la maison rempli de joie : le troupeau est de nouveau complet. Comment aurait-il pu dormir, insouciant, en sachant sa brebis perdue, livrée aux prédateurs !

- le bon berger appelle ses amis et ses voisins pour fêter le salut de sa brebis perdue. Il fait participer à sa grande joie ceux qui lui sont le plus proches.

Tel est, dit Jésus, la réalité de ce qui se produit au ciel lorsqu’un seul pécheur sur terre, par la diligence et l’amour du bon berger, retrouve le chemin de la bergerie. Ce qui sépare Jésus des pharisiens, qui se considéraient comme les bergers de leurs congénères, est une seule chose : l’amour. Jésus montre aux pharisiens à quel point chacun de ceux qu’ils méprisent compte pour Lui et pour Dieu. Ils comptent plus, ou au moins autant, que l’ensemble de leur communauté réunie. Il n’y a donc rien d’anormal pour Lui d’être au milieu des pécheurs et des gens de mauvaise vie. C’est là la place d’un bon berger digne de ce nom, pour qui la perdition d’une seule brebis occasionne un fardeau plus grand que le bien-être du reste du troupeau mis en sécurité.

Que Dieu mette dans nos cœurs, à l’égard de ceux qui se perdent, les sentiments qui étaient en Jésus !

jeudi 15 juillet 2010

Chapitre 15, versets 1 et 2

Puissance d’attraction

Les trois paraboles qui forment le contenu de ce chapitre y figurent pour une seule raison. Alors que Jésus parcourait les rues des villes de Judée, Luc note que les gens dits de mauvaise vie, tels des métaux inexorablement attirés vers un aimant, s’agglutinaient spontanément autour de Lui. Cette puissance d’attraction exercée par Jésus sur les parias de la société ne manquaient pas de déranger et d’interroger ceux qui avaient fait de la séparation avec le péché le mot d’ordre de leurs vies. Comment Jésus, le Saint par excellence, pouvait-Il à la fois se mêler à des pécheurs notoires, et même manger avec eux, tout en maintenant dans Sa vie les normes élevées de la sainteté ? C’est pour répondre à ce type de questions que Jésus va raconter les trois célèbres paraboles de ce chapitre.

Un premier constat, quant à la question que pose la liberté choquante dont fait preuve Jésus, est que si, effectivement, Jésus est saint, la façon avec laquelle Il vit cette sainteté n’est pas repoussante pour ceux qui n’en sont pas capables. Si Jésus savait mettre une distance maximale entre Lui et le péché, cette distance ne se reportait pas dans Sa relation avec les pécheurs. C’est sans nul doute ici que se trouve le secret de la puissance d’attraction de Jésus. Jésus, de manière évidente, vivait la sainteté de manière décontractée. Il n’était pas habité, comme les pharisiens, par la crainte permanente de la contamination de la souillure au contact des pécheurs. Fondé, assuré, solidement établi dans la relation qu’Il avait avec Son Père, Jésus était libre d’aller dans tous les milieux et de côtoyer qui Il voulait sans que jamais, en quoi que ce soit, la proximité avec autrui n’affecte le niveau de Sa sainteté personnelle. Toujours, en tout lieu, le témoignage des Evangiles est formel : partout où Il passait, c’est Jésus qui exerçait l’ascendant moral et spirituel sur les autres, et non l’inverse.

A leur lecture, on constate d’ailleurs un paradoxe effarant : alors qu’ici, en le voyant si proche des pécheurs, les pharisiens s’inquiètent pour l’intégrité de Jésus, l’histoire montrera que c’est en leur présence qu’Il aura le plus à craindre pour Sa vie. Jésus, semble-t-Il, n’a à faire face à aucun danger, aucune tentation réelle au milieu des publicains, la grossièreté et la vulgarité n’ayant aucun attrait pour Lui. Il en sera tout autre face aux pharisiens qui, inspirés par Satan, sauront jouer avec subtilité des appâts correspondant le mieux au sens de Sa vocation : Matt 22,15-16 ; 27,41 à 43. A chacun de nous correspond un milieu qui risque le plus facilement de mettre en péril son intégrité Pour les hommes de Dieu aguerris, le danger n’est pas toujours là où il est pour les autres, ou là où on le pense.

Que Dieu nous donne grâce, sagesse et humilité pour discerner les ruses et les pièges subtils et grossiers qui se trouvent sur notre chemin !

mardi 13 juillet 2010

Chapitre 14, versets 25 à 35

Le coût d’être disciple de Christ

Si, comme le montre la parabole précédente, il suffit, pour entrer dans le royaume de Dieu, de répondre positivement à l’invitation gratuite qui nous est adressée de la part de Dieu par Ses serviteurs, Jésus avertit ici les foules nombreuses qui Le suivent : être, devenir Son disciple, Le suivre exige, en terme de rupture et d’abandon, un coût élevé. A l’écoute des deux enseignements successifs de Jésus, la question se pose : comment concilier le caractère totalement gratuit du salut, principe qui est la pierre d’angle de l’Evangile, avec les exigences coûteuses inévitables qui en découlent ? S’il y a, dans nos cœurs et nos esprits, contradiction entre ces deux vérités, celle-ci ne peut être due qu’à une seule chose : une mauvaise compréhension de notre part de l’ordre et des principes sur lesquelles reposent les deux réalités qui, dans l’Esprit de Dieu, sont, comme la justice et l’amour, non opposées, mais, plus que complémentaires, indissociables l’une de l’autre.

Notons d’abord que, avant même que Jésus en parle ici, le renoncement est inclus dans l’offre gratuite et généreuse du salut faite par Dieu, exprimée dans la parabole du grand repas dite par Jésus. Preuve en est par les excuses formulées par les invités déclinant l’offre : toutes reflètent, au fond, le refus de renoncer à quelque chose qu’ils estiment plus important, meilleur, prioritaire par rapport à la proposition qui leur est faite. La parabole, comme l’enseignement que Jésus donne ici, révèle une vérité immuable liée à l’amour. Cette vérité est que l’amour exige l’entier des affections de notre cœur. L’amour, tel que Dieu le conçoit, montre ici Jésus, ne peut en aucun cas, jamais, être mitigé ou se satisfaire de demi-mesure. Aimer à moitié, dira Jésus, un peu plus loin, est impossible : Luc 16,13. La croix, démonstration concrète de l’amour de Dieu pour nous, en est la preuve la plus évidente : Jean 3,16 ; Rom 5,8.

La seconde vérité qui découle de cette première est que le coût auquel Jésus fait allusion ici ne contredit en rien le caractère gratuit de l’offre du salut de Dieu. La réponse à l’amour qui se donne entièrement, gratuitement, ne peut être qu’un amour qui se donne de la même manière. Jésus formule donc ici, à ceux qui prétendent vouloir Le suivre, le type de réponse qu’Il attend de leur part à l’amour dont ils sont l’objet de la part de Dieu, réponse qui, malgré tout les sacrifices qu’elle suppose, ne restera qu’un pâle reflet de ceux auxquels Jésus, dans Son amour, a consenti. Explications :

1. Jésus appelle ceux qui veulent Le suivre à sacrifier l’affection qu’ils ont pour leurs proches, à la haïr même. N’est-ce pas là ce que Lui-même a appliqué pour venir jusqu’à nous. Il n’a pas considéré le fait d’être égal à Dieu comme une proie à arracher, mais s’est dépouillé Lui-même en devenant homme, serviteur , dira Paul : Phil 2,6-7. Par amour pour nous, Jésus a été prête à sacrifier l’amour qui le liait à Son Père. Vu sous un certain angle, on peut dire qu’Il a « détesté » cet amour, dans le sens qu’Il a refusé qu’il soit un obstacle à la manifestation de l’amour qu’Il avait en vue de nous démontrer. La réponse qu’il attend de nous, dans notre sphère, ne peut être inférieure à celle qu’elle Lui coûta dans Sa sphère.

2. Jésus appelle Ses disciples à renoncer à tous leurs biens pour Le suivre. Là aussi, n’est-ce pas là ce le prix que Lui a coûté la démonstration de Son amour pour nous ? Jésus a tout quitté, tout abandonné des richesses, autrement supérieures que les nôtres, pour venir jusqu’à nous, et nous offrir la possibilité de la paix, de la communion et de l’amitié avec Lui. Serait ce trop demander de Sa part que de ne permettre à aucun bien de rivaliser avec Lui dans nos cœurs ?

Jésus souligne enfin ici deux dernières réalités liées à l’amour :

- la 1ère est que l’engagement qu’exige l’amour résulte toujours d’un choix volontaire, lucide, calculé. Suivre Jésus comme disciple ne peut être le fruit de l’exaltation d’un moment, mais la conclusion d’un choix réfléchi, pesé.

- La seconde est que, dans la durée, l’impact des disciples de Christ dans le monde est et reste liée à la qualité de leur amour pour Lui. Si le sel de l’amour des disciples de Christ perd sa saveur, ils ne sont plus utiles à rien : ni à Dieu, ni au monde.

Que Dieu renouvelle chaque jour dans mon cœur mon amour pour Christ, preuve de l’extrême de Son amour pour moi !

lundi 5 juillet 2010

Chapitre 14, versets 15 à 24

La parabole du grand repas

Alors que Jésus était à table chez le pharisien qui L’avait invité, la discussion porta, au travers d’une parole dite par un invité, sur le repas qui, rassemblant tous les heureux élus, aurait lieu un jour dans le royaume de Dieu. Le sujet lancé, Jésus tint à le clarifier. Si les élus présents dans le royaume peuvent, en effet, s’estimer heureux, Jésus ne veut pas que Son auditoire pense que ce bonheur dont ils jouissent est dû à l’arbitraire. Aussi va-t-Il préciser Sa pensée en l’illustrant, comme Il le fait si souvent, par une parabole : la parabole des invités aux repas.

Dans cette parabole, la première chose que l’on constate est que le principe de l’élection existe bien. Il y a, de fait, des invités, qui, dès le début, sont choisis, et qui sont conscients d’être l’objet de ce privilège. Nul n’est besoin de forcer l’interprétation des paroles de Jésus pour comprendre que c’est d’Israël et du peuple juif dont Jésus parle ici. Le problème que Jésus pose ici ne tient pas tant au fait que l’élection existe, mais que, sujets de l’élection, il se trouve que les invités de Dieu choisissent finalement de ne pas donner suite, pour des prétextes futiles, à l’honneur qui leur est fait. Jésus énonce ici un principe à propos duquel, dans les siècles futurs, beaucoup d’encre coulera. Ce principe est celui de la parfaite cohabitation entre l’élection, qui est du ressort de Dieu, et qui se concrétise par l’appel, et celui de la liberté personnelle, qui est du total ressort de l’homme. Oui, l’élection existe ! Mais, montre Jésus, elle n’est pas contraignante, obligeante au point qu’elle ne laisse aucun choix, aucune part d’assentiment à celui qui en est l’objet. Preuve en est, dit Jésus, que tous ceux qui, les premiers, ont été invités et se seront dédits, ne participeront pas en fin de compte au repas.

La réponse négative des premiers invités reçue, l’hôte n’en reste pas là. Puisque ceux à qui étaient réservés l’honneur de participer au repas n’en ont pas voulu, ce sera d’autres, sans doute moins nobles, qui en jouiront. Le maître envoie donc ses serviteurs dans les rues pour appeler tous ceux, nécessiteux, malheureux, malades, pauvres, handicapés, qu’ils croiseront pour leur faire part de la formidable opportunité qui se présente à eux. Même là, il se trouve que le retour missionnaire des serviteurs envoyés ne produise pas le résultat escompté. Il y a, certes, des gens qui ont répondu positivement à l’appel, mais il y a encore de la place. Le maître envoie donc à nouveau ses serviteurs en leur demandant de faire preuve de davantage de persuasion. Il faut vaincre les réticences qui n’ont aucune raison d’être et ne peuvent être que le résultat, dans les têtes, de mensonges, malentendus, mauvaise compréhension. Car qui, étant un tant soit peu sensé, intelligent, peux refuser une telle offre ?

La parabole de Jésus met en lumière toute la difficulté et le mystère qui se cachent derrière le refus aberrant des hommes de répondre positivement à l’offre si généreuse qui leur est faite de la part de Dieu d’entrer gratuitement, sans qu’ils n’aient rien à prouver ou à payer, dans le cercle des heureux élus appelés à partager Sa communion et Son amitié. Trois remarques ressortent, à ce sujet, de l’examen de la parabole de Jésus :

1. Notons, en premier lieu, que c’est, non d’abord au repas lui-même que les invités disent non en se dédisant, mais à l’hôte, ce qui, dans la culture orientale, ne peut être reçu que comme un affront ou une preuve flagrante de mépris.

2. Remarquons ensuite le poids qu’ont les excuses par lesquelles les invités justifient leur choix. Elles ne sont que paravent qui ne trompe pas l’hôte sur les véritables motivations des cœurs. Même vraies, aucune d’entre elles n’est un obstacle légitime. Elles ne font qu’indiquer la valeur que revêt l’invitation de l’hôte pour eux, ce qui aggrave encore, à ses yeux, leur cas.

3. Notons enfin que, si une grande part de la responsabilité, en ce qui concerne le refus, est sur les invités eux-mêmes, les serviteurs envoyés sont invités à faire l’effort de « contraindre », d’user de tous les moyens de persuasion possibles pour vaincre les réticences et résistances qui sont à l’origine de ce refus. C’est là que se situe pour nous cet art de l’apologie dans ce rôle si beau d’évangéliste pour lequel Dieu nous envoie dans le monde.

Que Dieu nous donne, dans Sa grâce, d’être, par nos vies et notre façon de dire l’Evangile, un facteur déterminant dans ce qui fait que notre message emporte l’adhésion de ceux qui croient.

vendredi 2 juillet 2010

Chapitre 14, versets 12 à 14

Parole à l’hôte du repas

Après les invités aux repas, c’est vers Son hôte que Jésus se tourne, non pour le reprendre au sujet de Son initiative, mais pour l’inciter à faire mieux encore que ce qu’il venait de faire en invitant pour le repas Jésus et ses propres amis. Est-il possible de faire mieux qu’avoir Jésus à sa table ? D’une certaine manière, oui, répond Celui-ci. En invitant Jésus et ses propres amis, le pharisien, certes, fait une œuvre bonne. Mais c’est une œuvre pour laquelle il est fort possible qu’il soit rapidement gratifié. En effet, toutes les personnes présentes à la table avaient, Jésus y compris, les moyens de rendre à leur hôte ce qu’elles avaient reçu de lui. Si le don fait à autrui est toujours une œuvre bonne, il y a pour chacun de nous possibilité de le transformer en œuvre excellente récompensée dans les cieux. Il suffit pour cela, dit Jésus, d’une seule chose : que le don, quel qu’il soit, bénéficie à des personnes dont on sait d’avance qu’elles ne pourront le rendre. Comme il en est pour le royaume de Dieu (Jésus le montrera plus loin : v 21 à 24), les invités de notre table sont alors, non nos amis et nos égaux, mais les heureux élus de l’amour.

Notons ici la place première que Jésus donne, comme bénéficiares typiques de la grâce, aux pauvres et à tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont invalides ou souffrent d’un handicap. Les pauvres, a dit Jésus, sont tous au milieu de nous comme des occasions qui nous sont offertes de faire le bien : Marc 14,7. Que Dieu élargisse notre cœur pour que, en Son nom, dans Son amour, nous soyons, pour les plus nécessiteux parmi nous, une signe de l’amour de Dieu !

jeudi 1 juillet 2010

Chapitre 14, versets 7 à 11

Parole aux invités du repas

Etre dans la proximité de Jésus est sans nul doute un privilège, un cadeau qui n’a pas été donné à tous mais à quelques-uns. Ce privilège, montre ce texte, a cependant son revers. Car, si rien n’échappait aux adversaires de Jésus de Ses paroles et de Ses gestes, l’inverse était également vrai. Les pharisiens avaient beau vouloir se contrôler et faire bonne figure, le naturel, toujours, finit par se montrer. Nous ne sommes jamais, en effet, autant nous-mêmes que dans la conduite spontanée dont nous faisons preuve dans les choses naturelles de la vie. Ce qui montre réellement ce que nous sommes, ce ne sont ni nos paroles, ni les actes réfléchis de notre vie, mais les automatismes qui se révèlent lorsque, placés dans certaines circonstances, nous agissons selon nos habitudes. On peut de mille manières essayer de contrôler notre image. Tôt ou tard cependant, celle-ci finit par apparaître aux yeux de ceux qui nous côtoient qui nous connaissent alors tels que nous sommes, et non tels que nous aimerions. Dans ce domaine, Jésus montre d’ailleurs l’utilité et le bienfait du regard extérieur. Les autres voient souvent mieux que nous, qui avons tendance à l’indulgence envers nous-mêmes plutôt qu’à l’exigence, qui nous sommes réellement, nos faiblesses, nos défauts. En terme d’orgueil et d’humilité, il ne faudra en tout cas pas longtemps à Jésus pour voir quels sentiments profonds habitent ceux qui, comme Lui, étaient invités à ce repas.

Nous ne savons pas ce que les pharisiens venus ici s’apprêtaient à entendre. Sans doute auraient-ils bien aimé livrer avec Jésus des joutes oratoires et théologiques. Jésus, comme souvent, fera ici dans le simple et le direct. Sans les négliger, plus que les grandes idées, c’est la vie qui est au cœur de Ses préoccupations. Jésus va donc donner à Ses auditeurs, en grand défaut dans ce domaine, sous la forme d’une parabole compréhensible pour un enfant, une leçon de vie. Cette leçon est hyper simple. Elle nous dit à tous simplement que seuls ceux qui font preuve d’humilité peuvent être élevés. Ceux qui s’élèvent eux-mêmes ne peuvent, par contre, connaître qu’une seule chose : l’humiliation de l’abaissement.

Que cette volonté de l’humilité anime, ô Dieu, constamment notre attitude. Pardonne-nous pour toutes les fois où, spontanément, notre cœur orgueilleux s’est de lui-même placé au-dessus des autres. Donne-nous d’être dans ce sens toujours plus proche de Toi, Seigneur, l’exemple absolu de l’humilité : Jean 13,1 à 17