vendredi 20 novembre 2009

Chapitre 3, versets 18 à 20


Jean et Hérode


La spiritualité de Jean, sa volonté d’être à la place que Dieu lui a fixé sans en déroger, ne se manifeste pas seulement dans l'attitude et la position qu’il a prise à l’égard de Jésus. Elle apparaît aussi dans sa façon d’être face à Hérode. Tout puissant et roi que soit Hérode, Jean, pour autant, ne changera pas pour lui les termes de son message. Chargé de réveiller la conscience de ses contemporains pour les préparer à la venue de Jésus, Jean annonçait de manière indistincte le même message à qui se trouvait face à lui. Les péchés d’Hérode, son adultère avec Hérodiade et les nombreuses exactions dont il s’était rendu coupable, n’étaient à ses yeux pas plus excusables que ceux des publicains ou des soldats qui étaient venus vers lui pour les confesser. Jean manifeste dans sa vie la double qualité dont fait preuve le véritable homme de Dieu : humilité par rapport à Dieu, et fidélité dans l’exercice de son ministère quel que soit le prix à payer, prix qui sera pour lui l’emprisonnement suivi, plus tard, de la décapitation. « La crainte des hommes tend un piège, dit le proverbe, mais celui qui se confie en l’Eternel est protégé : Prov 29,25. » Si la crainte dont a fait preuve Jean ne l’a pas protégé de la perte de sa vie, elle l’a préservé d’être infidèle à Dieu. Et, des deux, le second est de loin le plus important !

jeudi 19 novembre 2009

Chapitre 3, versets 15 à 17


Humilité de Jean-Baptiste


L’autorité spirituelle de Jean et de son message allant grandissant, tous, dit Luc, se demandaient s’il n’était pas le Christ promis et attendu. Il y a toujours danger pour un homme que Dieu a spécialement doué ou à qui il a donné une autorité particulière, d’outrepasser les limites de son mandat et d’usurper à Dieu la gloire qui doit lui revenir. Jean ne l’a pas fait, mais dans l’histoire de l’Eglise, certains, poussés par l’orgueil, n’ont pas hésité à franchir cette frontière, et à « marcher sur les plates-bandes du Christ » en s’arrogeant un rôle ou une position qui Lui portait ombrage.

Aussi puissant ou influent soit Jean pour les hommes de son temps, il est pour nous tous un modèle de spiritualité. Si Jean n’a aucune fausse humilité pour exercer son ministère et oser, avec autorité, délivrer le message que Dieu lui a ordonné de dire, il est, en revanche, habité par une vraie humilité à l’égard de Celui qu’il précède pour Le servir. Il y a entre lui et Celui qui vient, dit-il, une distance telle que c’est faire affront à Sa dignité que d’oser le comparer à Lui. Aussi ne viendra-t-il jamais à l’idée à aucun homme véritablement spirituel de détourner à son profit, alors qu’il en aurait l’occasion, une partie du poids de la gloire qui revient à son Maître. Car si nous sommes quelque chose, c’est à Lui et à Lui seul que nous le devons : cf Actes 14,13 à 15 ; Apoc 22,8-9.

Restant dans la ligne qui lui a été fixée de rendre témoignage au Christ, Jean apporte ici deux éléments supplémentaires à ce qu’il a déjà dit à Son sujet :

- le 1er élément concerne la différence notoire de nature entre le baptême que Jean administre et celui que le Christ administrera. Si Jean a baptisé d’eau, le Christ baptisera d’Esprit et de feu. C’est à l’intérieur de l’enveloppe humaine que s’opéreront les changements que le baptême conféré par le Christ produira, contrairement au baptême de Jean qui n’était qu’un signe extérieur.

- Si le Christ nous est donné pour le salut, la contrepartie de cette vérité est qu’Il est aussi envoyé par Dieu pour le jugement et la séparation définitive de l’humanité en deux camps.

A nous donc de nous positionner et d’en être conscient !

mardi 17 novembre 2009

Chapitre 3, versets 10 à 14


La repentance dans le concret


Après avoir présenté le caractère spirituel du message dont Dieu avait fait de lui le porteur, Jean, face aux questions qui lui sont posées par ses auditeurs, en vient aux applications concrètes que ce message induit. Notons que si le message reste le même, s’il implique de la part de chacun le même mouvement de retour à Dieu et de rupture avec le péché, il ne se traduit pas de la même manière dans les actes dans la vie de chacun. Parce que, quoique tous pécheurs et séparés de Dieu, nous sommes différents dans la façon de pratiquer le péché, il ne convient pas de vouloir faire passer chacun, pour son retour à Dieu, dans le même moule. Dans la pratique de Jean, la repentance est à la fois un message commun à tous (tous doivent l’entendre) et personnalisé à chacun (chacun doit comprendre ce qu’il implique pour lui dans sa situation particulière et son propre contexte de vie).

Luc nous rapporte ici les applications concrètes que Jean donna pour trois groupes de personnes :

- la foule : il l’exhorta à ne pas faire preuve d’égoïsme, mais d’un véritable esprit de partage envers les nécessiteux. Aimer Dieu, vouloir Lui plaire, c’est dans le concret de la vie, aimer son prochain comme soi-même et faire pour lui ce qu’on aimerait que l’on fasse pour nous dans sa situation : Mat 7,12.

- Les collecteurs de taxes : Jean les exhorta de manifester leur intention de plaire à Dieu en refusant de pratiquer le vol et l’enrichissement personnel au travers de leurs fonctions. Le message de la repentance pour les publicains impliquait une rupture radicale avec les pratiques habituelles du milieu.

- Les soldats : Jean les exhorta à ne pas abuser de leur position pour pratiquer l’injustice et user de violence envers les autres. Il y ajouta le fait pour eux de se contenter de la solde qu’ils percevaient. Là aussi, c’est par un comportement qui tranche avec celui des autres que le soldat qui craint Dieu traduira pour les autres la motivation intérieure qui l’anime.


Jusqu’où allons-nous pour nous-mêmes dans nos élans de repentance. Sont-ils suivis d’effets visibles ? Et comment personnalisons-nous ce message dans la vie de ceux qui viennent nous faire part de leur désir de revenir à Dieu et de Lui obéir ?

lundi 16 novembre 2009

Chapitre 3, versets 7 à 9


Le message de Jean


Pour le moins, on peut dire que Jean, par son message, n’y allait pas de main morte. Pour porter ses fruits, Jean savait que le message dont il était porteur nécessitait une vraie prise de conscience par ses auditeurs de leur situation de condamnation et de perdition. Ayant pour but de produire un changement de mentalité radical, le message de Jean ne pouvait qu’en avoir la tonalité. Dans notre société où les considérations psychologiques ont pris tant d’importance dans les relations humaines, n’avons nous pas amputé, dans la même proportion, les droits de Dieu au point que le message que nous délivrons en ait perdu à la fois son tranchant et sa gravité ? A force d’égards pour l’homme, c’est la personne de Dieu que nous en sommes venus à mépriser !

Cinq points particuliers ressortaient du message de Jean et de son comportement à l’égard de ceux qui venaient vers lui :

1. Jean ne faisait preuve d’aucune attitude de condescendance envers ceux qui s’approchaient de lui pour l’entendre. Très clairement, jean n’est pas là pour lui, pour se faire un nom ou gagner un public. Il est là pour dire à ceux qui viennent vers lui ce que Dieu lui a chargé de dire. Tout le reste n’a à ses yeux strictement aucune importance

2. Jean ne cherche en aucune manière à enrober les vérités qu’il est appelé à faire entendre à ceux qui viennent vers lui. Il est appelé à révéler aux hommes la réalité de leur état et de leur situation face à Dieu. Non ! les hommes ne sont pas bons et gentils. Il sont des vipères, de la race du serpent (Jésus n’hésitera pas à parler dans le même sens au risque de scandaliser : Jean 8,44). Non ! Les hommes ne doivent pas se faire d’illusions sur leur état et leur avenir devant Dieu ! Il n’y a pour personne aucun espoir de salut : seule la colère de Dieu les attend au terminus de leurs vies !

3. Jean ne fait pas que dire des vérités. Il dénonce les mensonges derrières lesquels ses auditeurs se cachent pour se rassurer. Les avantages religieux qu’ils pensent faire prévaloir devant Dieu pour espérer être sauvé sont nuls, sans force et sans valeur ! La meilleure façon de préparer quelqu’un à recevoir la vérité à laquelle on veut qu’il adhère est de dénoncer les mensonges derrière lesquels il se cache pour s’abriter !

4. Jean témoigne du caractère radical du jugement de Dieu sur l’homme. Il a pour but dans son message de s’attaquer à ce qui est à la racine de ce qui, dans les actes, provoque la colère de Dieu : le péché. Le revirement auquel il appelle ne doit pas être superficiel, mais total et entier. Il doit se traduire par des changements concrets, visibles, mesurables sans quoi les intentions déclarées n’ont aucune valeur.

5. Jean exige une preuve et une manifestation publique et immédiate de cette volonté de changement qui fait l’objet de son message. C’est le sens du baptême d’eau qu’il pratique, baptême qui fait suite à la confession des péchés !

Avons-nous le même courage, la même conscience de la gravité de la situation spirituelle dans laquelle se trouvent nos contemporains ? Ou, bercés et endormis par l’humanisme ambiant, notre christianisme n’en est-il qu’une forme religieuse ?

samedi 14 novembre 2009

Chapitre 3, versets 1 à 6


Fondement du ministère de Jean



Bien que préparé dès avant sa naissance pour le ministère qu’il allait remplir, c’est sur l’initiative de Dieu lui-même que Jean quitta le désert pour se rendre sur les bords du Jourdain et proclamer les message de repentance qu’il avait reçu ordre de délivrer. Si c’est de Dieu que nous recevons notre vocation, c’est aussi par Dieu que nous l’exerçons. Comme il en sera pour Moïse, Jésus ou, plus tard, l’apôtre Paul, il y a dans la vie de tout serviteur de Dieu le temps de l’appel et le temps dans l’entrée effective du ministère pour lequel Dieu l’a mis à part. C’est de Dieu que Jean a reçu à la fois le message dont il devait être le porteur et l’autorité dont il avait besoin pour le délivrer. Nous ne sommes au diapason de Dieu et soutenu par la force de Dieu dans ce que nous faisons que lorsque, au temps de Dieu, nous entrons dans les œuvres qu’il a préparées d’avance pour nous afin que nous les pratiquions : Ephés 2,10.

Notons de plus que aussi bien le ministère de Jean que le lieu dans lequel il l’exercera ne relèvent du pur hasard. Jean, dit Luc, est la voix annoncée par Esaïe le prophète, voix qui crie dans le désert pour appeler le peuple à réformer ses voies et se tenir prêt à accueillir le Seigneur. Il y a toujours danger lorsqu’un serviteur agit totalement en électron libre, sans pouvoir se rattacher à la chaîne de témoins qui l’ont précédé. Même si notre ministère, comme celui de Jean, est unique, aucun de nous n’est appelé à « inventer la roue ». Nous bâtissons tous sur un fondement déjà posé par autrui. La référence de Jean est Esaïe qui l’a précédé. Quelle est la nôtre ? De qui notre ministère a-t-il reçu ses lettres de créance ? Si nous ne pouvons pas répondre à ces questions, il y a fort à parier que ce n’est pas Dieu, mais nous-mêmes qui nous sommes envoyés en mission !

Comme dit plus haut, le lieu dans lequel Jean exerce son ministère ne relève en rien du hasard. Le Jourdain était un lieu de passage. C’est la frontière que les enfants d’Israël ont traversé pour entrer dans le pays promis : Nomb 33,51. C’est le fleuve dans lequel le général syrien Naaman dut se baigner pour être délivré de sa lèpre : 2 Rois 5,10. C’est le lieu duquel Elie partit lorsqu’il fut emporté par un char de feu vers le ciel : 2 Rois 2,7 à 13. Toute une symbolique qui, s’ils voulaient bien y réfléchir, ne pouvait échapper aux Juifs de l’époque de Jean.



Le message de Jean enfin, dit Luc, a pour objet de préparer le peuple au salut de Dieu qui va être révélé. Luc le présente, à partir des paroles d’Esaïe, comme la nécessaire remise à niveau de toutes les attitudes et comportements déviants face à Dieu. L’objectif du ministère de Jean, et le but du message dont il est le porteur, est d'aplanir les différences qui séparent les êtres à cause de leurs péchés pour les mettre tous à égalité devant Dieu. Car, devant lui, nulle montagne d’orgueil ne doit s’élever, et nulle fosse ne doit garder prisonnier celui qui s’y trouve. Ce qui est tortueux doit être redressé et ce qui est dur d’aspect doit être nivelé. Tel est, dans le concret, l’œuvre préparatoire nécessaire de la repentance, sans laquelle il est impossible que le Seigneur trouve un chemin préparé pour pénétrer dans les cœurs. Que Dieu nous donne de ne pas mettre de côté, dans notre annonce de l’Evangile, la bonne nouvelle du salut, cette nécessaire étape d’entrée !

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vendredi 13 novembre 2009

Chapitre 2, versets 39 à 52


Enfance et jeunesse de Jésus



Le même constat que pour Jean-Baptiste est fait au sujet de la croissance de Jésus durant la période de son enfance : Luc 1,80. Jésus, comme Jean, manifeste dès ses premières années de vie qu’Il est un être particulier, mis à part pour Dieu. Luc rapporte les deux traits qui, dans la mémoire de son entourage, sont restés en souvenir de ce qu’Il était durant cette étape de Sa vie :

1er trait : Jésus était dès Son enfance rempli de sagesse. Il faisait preuve d’à propos et de maturité comme personne de son âge. Cette sagesse venait de la conscience aiguë qu’Il avait des réalités spirituelles. Dès Son plus jeune âge, Jésus a pensé de façon juste sans être affecté, comme nous pouvons l’être, par la déformation du péché. Jésus donnera une démonstration de cette sagesse peu commune qui L’habitait par l’épisode mentionné ci-après.

2ème trait : la grâce de Dieu, Sa faveur reposait manifestement sur Lui. Comment se traduisait-elle ? Pas par des miracles ou certaines œuvres de puissance comme certains évangiles apocryphes aimeraient nous le faire croire. Nul doute que si cela avait été le cas, Luc, soucieux d’exactitude, n’aurait pas manqué de le souligner. On peut penser que deux choses démontraient, à ce stade de la vie de Jésus, la présence de cette grâce de Dieu sur sa vie : une certaine réussite dans ce que Jésus faisait, une inspiration spirituelle évidente. Pour tous, Dieu, de manière évidente, déjà à cette époque de Sa vie, était avec Lui !

Preuve sera donnée de ces deux réalités par l’épisode relaté de la visite de Jésus dans le temple à l’âge de 12 ans. Alors que, selon la coutume, Jésus et ses parents étaient montés à Jérusalem pour la fête de Pâque, les choses ne se déroulèrent pas sur le retour comme d’habitude. Les détails du récit rapporté par Luc sont révélateurs de quantité de traits au sujet des principaux personnages impliqués :

1. Joseph et Marie : on perçoit, dans le début du récit, le niveau de confiance qui les habitait à propos de Jésus. Alors qu’ils rentrent à Nazareth, il faudra attendre pratiquement une journée pour qu’ils s’inquiètent vraiment de savoir où se trouve réellement leur fils. Manifestement Joseph et Marie ne font pas partie de ces parents possessifs qui étouffent leurs enfants au point de ne leur laisser aucun espace de liberté. D’un autre côté, leur mésaventure nous enseigne que nous ne devons pas nous satisfaire de suppositions quant au lieu où ils sont et à la compagnie dans laquelle ils se trouvent.

Nous pouvons imaginer également l’inquiétude qui fut la leur pendant les 3 journées de recherche de leur fils. Trois jours pendant lesquels, sur le chemin, ils questionnèrent leurs amis pour savoir s’ils savaient où se trouvait Jésus, s’ils l’avaient vu. Trois jours à scruter les visages pour essayer de croiser le sien sur la route. Trois jours pendant lesquels peut-être des questions insidieuses devaient germer dans leur esprit. Jésus n’était-il pas le Fils de Dieu ? Se pouvait-il qu’Il se perde ou qu’Il lui arrive malheur ? Non ! Une telle éventualité était impossible ! Pourtant , il était introuvable !

Ces 3 jours d’angoisse sont pour Marie le prélude, l’anticipation de ce qu’elle allait vivre à la fin du parcours humain de Jésus. S’est-elle souvenue, durant les trois jours où Jésus fut dans le tombeau, de cet épisode de son enfance ? Nous ne le savons pas ! Peut-être bien après coup ! L’un comme l’autre sont là cependant pour témoigner que, quelles que soient les impressions, ce que Dieu a dit, ce à quoi Il s’est engagé, s’accomplira ! Ni la mort, ni aucun péril n’a le pouvoir de mettre en échec les desseins de Dieu sur une vie !

2. Pour ce qui concerne Jésus, on note en premier lieu le peu de cas qu’il se fait du souci qu’il doit procurer à ses parents. Y a-t-il pensé ? Comment comptait-Il agir ? Jusqu’à quand comptait-Il rester à Jérusalem : nous ne le savons. A l’ère des téléphones portables, ce qui se passe ici n’aurait pas généré l’inquiétude qu’on lit. Un coup de fil rapide aurait suffi à rassurer les parents. Mais, manifestement, ce que Jésus vit et fait à cette heure prime davantage chez lui que ce qu’en tant qu’enfant, il doit à ses parents.

Dans l’enseignement futur que Jésus donnera à Ses disciples, Il ne manquera pas de traduire en principes à appliquer la primauté qu’Il aura démontré ici du service et des obligations que l’on doit à Dieu sur ceux que l’on doit aux hommes, y compris à ses plus proches : Luc 14,26. Ce que Jésus a vécu en terme de priorité quant à Dieu et sa famille terrestre, Il nous demande de le vivre aussi en ce qui touche aux mêmes relations.

Il nous faut aussi noter en passant la débrouillardise de Jésus qui, pendant 3 jours, a su trouver les moyens de vivre. A-t-Il jeûné ? Avait-Il des provisions ? A-t-Il bénéficié d’une aide quelconque ? La relation de Jésus avec Son Père faisait de Lui un enfant confiant, sécurisé ! Croyons-nous que la relation avec Dieu est, pour nous comme pour nos enfants, le plus sûr moyen d’avancer avec confiance dans la vie ?

Jésus démontre enfin ici, dans ses dialogues avec les docteurs de la loi, la sagesse et la grâce qui, déjà, l’habitent. Jésus est la preuve vivante que la sagesse n’est pas le résultat de l’accumulation de la connaissance. Elle est plutôt le fruit de l’assimilation dans la vie et la pensée de ce que l’on a reçu et compris de Dieu, par Sa Parole : cf 1 Cor 2,6-7.13.

Après cet épisode, Jésus démontrera de deux manières à ses parents que la liberté qu’il a prise à leur égard n’était en rien de la rébellion :

- Il leur rappelle ce qu’ils devraient pourtant savoir. Jésus n’est pas un enfant comme les autres. Il est le Fils de Dieu. Il est donc tout à fait légitime, qu’à certains moments et dans certains lieux, Il s’occupe des affaires de Son Père

- Par la suite, Il leur est soumis. Jésus fait la part des choses entre ce qu’Il doit aux hommes et ce qu’Il doit à Dieu. Il ne mélange pas les deux domaines, mais Il fait preuve de la même intégrité en chacun d’eux en ce qui concerne le degré d’obéissance qu’Il doit à l’Un (Dieu), et aux autres (ici Ses parents). Que Dieu nous donne la même attitude !

lundi 9 novembre 2009

Chapitre 2, versets 36 à 38


2ème témoin : Anne



En même temps que Siméon, et peut-être auditrice de son témoignage et de ses déclarations à propos de Jésus, se trouvait, présente dans le temple, Anne, une femme veuve et âgée. Comme Siméon, Anne ne faisait pas partie des personnalités notoires de la ville. Dieu cependant connaissait la valeur spirituelle de cette femme qui, si elle ne l’était pas à ceux des hommes, était grande à Ses yeux. Cette valeur, nous la touchons du doigt, par les quelques éléments descriptifs relevés par Luc à son sujet :

1) Anne, nous dit Luc, n’était pas une femme comme les autres. C’était une prophétesse, une femme dont les messages étaient reconnus comme inspirés de Dieu. Cette accréditation qui, certainement, avait du se faire sur des années, voyait ici, dans le témoignage rendu à Jésus, se réaliser l’aboutissement de sa finalité. Toute la vie d’Anne, son parcours, sa piété profonde ne visaient finalement dans le dessein de Dieu qu’une seule chose. Tout convergeait en un seul faisceau pour un seul but, un seul instant : celui de la rencontre en ce jour et en ce lieu avec Celui dont elle disait à tous ceux qui voulaient bien l’entendre qu’Il est la rédemption de Jérusalem.

Ils sont nombreux ceux qui, dans le dessein et la Parole de Dieu, font une apparition fugitive pour être à un moment donné, en un lieu précis, l’homme, la femme qu’Il va utiliser pour magnifier Son nom ou être les porte-flambeaux de Son témoignage : la jeune servante israélite auprès de Naaman : 2 Rois 5,3, Ananias : Actes 9,10… Sommes-nous prêts à ce que notre vie entière soit préparée, formée dans le plan de Dieu pour un instant, un moment ? Mais quel moment si grand, si glorieux, si capital pour le nom de Jésus : preuve en est que Dieu Lui-même en inscrit, pour toutes les générations, le souvenir dans Son livre !

2) Sur le plan humain, Anne avait été mariée sept ans avant de devenir veuve. Depuis, précise Luc, elle ne s’était pas remariée. Bien que désireux d’être précis dans son enquête et dans le rapport qu’il fait des événements qui ont entouré la vie de Jésus, Luc aurait pu se dispenser de relever ce trait de la vie d’Anne. S’il le fait, c’est qu’il y relève une particularité révélatrice de la personne et du caractère d’Anne. Anne est une femme profonde, fidèle à ses amours et ses engagements. Il n’est donc pas étonnant, qu’attachée à Dieu, on la retrouve en ce lieu au moment précis où Marie et Joseph arrivent avec Jésus dans le temple. La fidélité d’Anne est la raison première de l’utilité qu’aura sa vie en bout de course au dessein de Dieu.

3) Devenue âgée de 84 ans, Anne ne s’éloignait pas du temple. Elle prenait part au culte qui y était rendu à Dieu par des jeûnes et des prières auxquels elle s’adonnait nuit et jour. Tout ici, une fois de plus, respire l’attachement profond d’Anne à son Dieu : son âge avancé, sa volonté de rester près du temple à lire comme une volonté de sa part d’être proche de Dieu, les exercices spirituels auxquels elle se donnait. S’il y avait une femme d’exception, sur le plan spirituel, qu’il fallait trouver pour rendre témoignage de Jésus, c’était Anne. Or, c’est cette femme si pieuse, exemplaire, en fin de parcours de vie, qui loue et exalte Celui qui, à peine né, n’a encore rien fait, mais en qui elle devine toute la gloire cachée.

Y avait-il témoins plus précieux, plus adéquats que Siméon et Anne pour mettre en relief, dès Sa naissance, la gloire et l'identité du Fils de Dieu, Jésus ?