mardi 14 septembre 2010

Chapitre 20, versets 1 à 8

L’autorité de Jésus


Entré dans les murs de Jérusalem pour ce qu’on pourrait appeler la dernière ligne droite de Son parcours, Jésus, tel le condamné dans l’arène, fait l’expérience que, désormais, le plus dur est arrivé. Si l’heure est venue pour Lui d’accomplir ce pour quoi Il a été envoyé par le Père dans le monde, c’est aussi, en préambule, celle de la vérité qui sonne ici. Comme Il vient de le dire, Jésus se trouve, à Jérusalem et dans le temple, dans le repaire même de Ses ennemis les plus farouches. Si, dans le passé, de nombreuses escarmouches ont ponctué Ses rencontres avec l’élite religieuse du pays, l’heure de la confrontation directe et de la bataille finale a sonné. En effet, pour les responsables religieux du peuple, les choses n’ont que trop duré. Il faut en avoir le cœur net : au plus vite, la question Jésus doit être tranchée. Le « poisson » est dans le filet, et pas question qu’il ne s’en échappe. Le moment est donc venu de réunir les preuves qui permettront, au jour de Son procès, de Le confondre. La première question, au fond la principale, est posée : « Dis-nous, Jésus, par quelle autorité fais-tu tout ce que tu fais. Qui te L’a donné ? »

La question est centrale. En effet, seule l’autorité que l’on possède peut permettre de faire avec légitimité aux yeux des autres ce que l’on fait dans la position que l’on occupe. Je ne peux, par exemple, agir en tant que père à l’égard de mes enfants que parce que, dans les faits, je le suis effectivement. Toute autre personne qui se comporterait comme je le fais envers eux serait un usurpateur. L’autorité ne se décrète, ni ne s’invente. Soit elle nous est donnée de fait à cause de ce que l’on est (l’exemple du père), soit elle nous est conférée par mandat (l’exemple du gérant). Pour ce qui concerne Jésus, en train de chasser les vendeurs du temple, la maison de Dieu, la question est cruciale. Si Jésus n’a pas l’autorité requise pour agir comme il le fait, malgré toutes les qualités que, par ailleurs, Il pourrait posséder, Il est un usurpateur. Si par contre, il peut être établi que c’est de Dieu qu’Il a reçu Son mandat, Ses actes sont légitimes.

Jésus ne répondra pas directement à la question. Pour deux raisons essentielles : la première est qu’Il sait que ce n’est pas à celui qui est mis en cause dans le domaine de l’autorité de fournir lui-même les pièces servant à sa justification ; la seconde est que, quoi que ce soit comme preuves qu’Il puisse avancer, de toutes manières, Il ne sera pas cru. La manière directe n’étant pas la bonne, Jésus va utiliser deux procédés pour répondre à Ses interlocuteurs : le questionnement, pour les placer face à leurs propres contradictions, et la parabole, pour les amener eux-mêmes par la déduction à recevoir la réponse à leur question ?

En ce qui concerne le domaine spirituel ou religieux, Jésus le sait : la légitimité pour l’exercice d’un ministère, quel qu’il soit, ne peut venir que d’une seule source : du ciel. Si ce n’est Dieu Lui-même qui nous appelle et nous qualifie pour agir en Son nom, nous ne sommes que des faussaires. Plutôt donc que de répondre pour Lui-même, Jésus va interroger Ses quêteurs sur celui qui l’a précédé : Jean-Baptiste. Les deux ministères étant liés l’un à l’autre, la conclusion est simple et logique : si Jean a reçu son mandat de Dieu, alors Jésus aussi. Si Jean agissait de son propre chef, alors rien n’autorise à penser que Jésus est bien un envoyé de Dieu. L’embarras des chefs religieux fut grand. Car la conviction de tous en Israël est que Jean était un véritable prophète. Le contester serait s’attirer les foudres du peuple. Le reconnaître serait se mettre soi-même en porte-à-faux, les chefs étant peut-être les seuls à n’avoir pas cru en lui. Le choix fut fait de ne pas répondre, choix auquel Jésus joignit le Sien en ce qui Le concerne. Pour autant, le dialogue ne se termine pas ici. La parabole qui suit va donner aux chefs religieux l’occasion d’entendre très clairement la vérité de Dieu au sujet de Jésus.

jeudi 9 septembre 2010

Chapitre 19, versets 45 à 48

Colère de Jésus dans le temple

Si les causes de la tristesse qu’éprouve Jésus en voyant Jérusalem sont multiples, nul doute que ce qui se passait dans le temple y est pour une bonne part. Aussi, après les pleurs vient la colère. Autant que la bonté et la miséricorde, la colère, souligne la Bible, fait partie des éléments de la personnalité de Dieu. Elle en est même, par le caractère entier de l’amour que Dieu porte sur les choses et sur les êtres, une nécessité, comme son verso obligé.

Bien que violente dans son expression, la colère de Jésus (comme celle de Dieu) ne dépasse pas le cadre de Son amour. Après la parole, les prophètes, les nombreux avertissements donnés, elle peut être le moyen que Dieu utilise, en dernier recours, pour que le peuple de Dieu prenne la mesure de ce qui Lui déplaît et juge, éjecte hors des murs de Son temple ce qui n’a pas à s’y trouver. Comprenons bien que notre Dieu est un Dieu entier : entier dans Son amour pour nous, dans l’offre et l’application de Son pardon, mais entier aussi dans la place qu’Il désire occuper dans Sa maison, Son temple. Or, cette maison qui est ici à Jérusalem, est aussi l’Eglise ou notre propre être : 1 Cor 6,19 ; Ephés 2,19 à 21. Dieu, montre Jésus, ne laissera pas indéfiniment se développer dans Son temple des pratiques contraires à Sa nature. Vient le moment où, après avoir patienté, Il agira, certes avec amour dans un objectif salutaire, mais aussi avec fermeté, sans concession, exigeant que des mesures entières et radicales soient prises à l’encontre de ce qui L’attriste et Le fâche au milieu de nous !

Si la colère de Jésus est un puissant témoignage du caractère entier de Dieu, elle l’est aussi de l’insensibilité dans laquelle le compromis plonge ses victimes. La colère de Dieu est le dernier recours salutaire qu’Il utilise alors pour nous réveiller, c’est-à-dire nous ramener à Sa raison. En effet, bien qu’au service de Dieu, notre conscience n’est pas un indicateur fiable de ce qui est juste et approuvé ou non par Lui : 1 Cor 4,4. Gagnée par les arguments de la chair qui, au sujet du compromis, prêchent en faveur « de la voie de l’équilibre et de la raison », le tranchant de la conscience finit par s’émousser. Elle perd alors, par les reproches qu’elle fait et la douleur qu’elle occasionne à l’âme, son rôle vital. Ne pouvant plus remplir cette mission de garde-fou, la conscience devenue muette oblige Dieu à l’utilisation du dernier moyen par lequel Sa parole se fera de nouveau entendre : le fouet de la colère.

Malheureusement, la réaction espérée ici par Jésus n’aura pas lieu. Au lieu d’être repris et saisi par la colère de Jésus, les responsables spirituels du peuple, à l’image du Pharaon face à Moïse : cf Exode 8,15, s’endurcissent. A la place de se repentir, ils prennent la décision la plus insensée et la plus grave qui soit : éliminer Jésus. Se faisant, leur hostilité envers Jésus atteint un point de non-retour.

Que Dieu nous garde de les imiter dans notre folie. Que nos cœurs soient attentifs à la tristesse qu’éprouve Son Esprit dans nos cœurs à cause du péché de peur que, faisant la sourde oreille aujourd’hui, nous soyons l’objet de Son châtiment demain !

mardi 7 septembre 2010

Chapitre 19, versets 41 à 44

Jésus pleure sur Jérusalem :


Jérusalem ! Nulle autre ville, c’est certain, n’occupe et ne préoccupe autant le cœur et les pensées de Dieu qu’elle ! Dieu, certes, dit la Bible, est présent partout et n’habite pas dans des maisons faites de main d’homme : cf 1 Rois 8,27, ni ne se tient à un endroit géographique précis. Pourtant, lorsqu’Il voulut se faire ici-bas un lieu de résidence, Ses yeux, dit la même Bible, se portèrent sur Sion, la colline de Jérusalem : Psaume 48,2 ; Exode 15,17. Aussi les hommes pieux et les pèlerins qui voulaient rencontre Dieu et Lui rendre le culte, l’honneur et la gloire qui Lui sont dûs, n’avaient qu’un désir : se rendre à Jérusalem : Ps 116,17 à 19 ; 122,1 à 5. C’est là aussi qu’un jour Dieu entendra et exaucera la prière de tous les peuples qui, à Jérusalem, se tiendront devant Lui pour Le servir : Ps 102,20 à 23. L’importance qu’a Jérusalem au cœur de Dieu se retrouve dans les paroles de Jésus à son sujet. Pour exemple fortuit, une parole de son célèbre sermon sur la montagne : condamnant le serment comme moyen d’attester la vérité, Jésus interdit à Ses disciples de jurer sur le ciel, la terre, les plus grandes œuvres de la création de Dieu, ou, 3ème exemple, Jérusalem, la ville du grand Roi : Matthieu 5,33 à 37. Seule cité citée, Jérusalem est ici le témoin de la haute importance qu’elle a aux yeux du Fils de Dieu !

Pour l’heure, tel n’est pas le cas ! Et si, plus que tout autre, Jésus aime Jérusalem, c’est avec larmes que, contemplant la ville au détour d’un chemin, Il s’apprête à en franchir l’entrée. Deux sujets, montrent les Evangiles, provoquèrent la tristesse de Jésus au point de Le faire pleurer. Le premier est la mort de son ami Lazare : Jean 13,35, le second sera ici la vue de la ville sainte, capitale d’Israël ! La même émotion qui saisit Jésus face au cadavre de Son ami Le saisit ici face à vue de la ville de Dieu, objet de tant d’affection et de promesses de Sa part ! Les deux émotions se ressemblent, mais se distinguent aussi. Car si les pleurs de Jésus pour Lazare étaient dûs à un état physique visible, palpable (le cadavre de Lazare),  les pleurs sur Jérusalem avaient pour cause, l'état spirituel moribond de la nation, un état que seuls les yeux du coeur et de l'esprit de Jésus voyaient.
Car Jésus le dit : ce qui attend Jérusalem dans un proche avenir est la même chose que ce qui frappa subitement Son ami : la mort. Ce qui rend cependant Jésus si triste est que, contrairement à Lazare qui ne pouvait éviter ce qui lui arriva, Jérusalem avait entre ses mains la paix et le bonheur qui, depuis, lui fait tant défaut. En rejetant Jésus au lieu de L’accueillir comme Son Messie, en le mettant sur une croix hors de sa porte : Hébr 13,11 à 13, Jérusalem a laissé passer son heure. Une génération suffira pour que, conformément à la prophétie de Jésus, elle en récolte les conséquences tragiques et douloureuses. Conquise par les romains, le temple et la ville seront détruits et le peuple emporté dans un long exil qui ne s’achèvera que près de 19 siècles plus tard.

Les pleurs de Jésus sur Jérusalem nous enseignent qu’il y a pour chaque ville, chaque pays, mais aussi pour chaque être, des heures cruciales au cours desquelles se décide l’avenir. La Réforme en fut une pour la France qui, l’ayant rejeté au prix du sang de nombreux martyrs de la foi, s’est ensuite enfoncée dans un cycle de conflits et de guerres continuelles. La question se pose pour chacun de nous : quels sont les sentiments qui agitent le cœur de Jésus en nous voyant ? Pleure-t-Il, comme Il le fait ici, la perte des nombreuses occasions offertes par la grâce de Dieu pour notre paix ? Ou peut-Il se réjouir de l’accueil empressé qu’Il trouve pour Lui dans nos cœurs ? De la réponse à ces questions dépend de quoi sera fait notre avenir !

Pour conclure, notons que les pleurs de Jésus peuvent avoir deux suites : une heureuse, comme celle de Lazare, une terrible comme celle de Jérusalem. Les pleurs de Jésus sont ont une portée incomparable. Pour ceux qui en sont l’objet, ils seront synonymes de pleurs de joie ou de larmes de désolation. Pardon, ô Dieu, pour tout ce qui peut être source de tristesse pour Toi dans ma vie !

samedi 4 septembre 2010

Chapitre 19, versets 28 à 40

Entrée de Jésus à Jérusalem


S’approchant de Jérusalem, Jésus délégua deux de Ses disciples pour une mission singulière : se rendre dans le village en face duquel ils se trouvaient pour leur amener un petit ânon qu’il trouverait attaché. Derrière la singularité de la demande, et son caractère apparemment anodin, Jésus révèle en plusieurs éclats, pour qui sait y regarder, le scintillement de Sa divinité :

1er éclat : avant même que les disciples se rendent sur place, Jésus décrit avec détail ce qu’ils vont y trouver. Les détails donnés par Jésus ne concernent pas qu’une partie des faits. C’est toute la situation, telle qu’ils vont la vivre, que Jésus dépeint. L’ânon qu’il trouve est bien attaché et, comme Jésus l’a dit, les propriétaires, à l’annonce du fait que leur emprunt de l’animal est pour les besoins du Seigneur, le laisseront aller.

2ème éclat : Jésus réalise de manière intentionnelle la prophétie dite par le prophète Zacharie : Zach 9,9, annonçant à Jérusalem que son roi viendrait de manière humble, assis sur un ânon. L’initiative prise ici par Jésus de se présenter à Jérusalem comme il était annoncé par le prophète a fait couler beaucoup d’encre. Jésus connaissant la prophétie, certains détracteurs de Sa messianité L’ont accusé de se mettre lui-même en scène pour être reçu et acclamé comme tel par la populace. L’accusation ne fait pas long feu pour au moins trois raisons :

- Jésus aurait eu beau vouloir entrer à Jérusalem sur un ânon, Il n’aurait pu faire que les choses se passent comme elles se sont passées s’Il n’était Dieu. Jésus savait où était l’ânon, Il savait aussi qui en étaient les propriétaires et quelles étaient les dispositions de leur cœur envers Dieu. Au passage, nous pouvons nous poser la question de savoir si, sur la base d’une telle parole, nous aurions agi comme eux !

- Tous les Evangiles témoignent qu’Il n’est absolument pas dans le caractère de Jésus de se mettre Lui-même en avant, d’organiser en quelque sorte la louange qu’on Lui rend : cf Jean 7,4 ; 6,15. Jésus sait ce qui L’attend à Jérusalem : Luc 18,31 à 34. L’initiative prise ici par Jésus est là pour montrer qu’aucun détail de ce qui a été dit au sujet du Messie ne manquera dans Son parcours.

- Si Jésus a pu organiser ici d’une certaine manière l’accomplissement de la prophétie, dans quantité d’autres domaines, Il n’a fait qu’être l’objet passif de la réalisation de ce qui avait été annoncé. Jésus n’a choisi ni de naître d’une vierge, ni de mourir crucifié, ni d’être trahi par un ami pour trente pièces d’argent, ni d’être enseveli dans le sépulcre d’un riche ou de mourir entre deux brigands. Ce n’est pas Jésus qui a décidé qu’aucun de ses os ne serait brisé ou qu’Il ressusciterait le 3ème jour… Le pourcentage de prophéties que Jésus a Lui-même choisi d’accomplir est infime face à celui des actes prédits qui se sont faits indépendamment de Sa volonté.

Comme les pharisiens mécontents qui, au bord de la route, assistent au triomphe qui est fait à Jésus, il y aura toujours des esprits chagrins qui trouveront à redire à ce qui se passe ici. Pour nous, joignons nous à la foule des disciples, à la fois dociles, prêts à répondre à toutes les missions qu’Il nous donne, aussi singulières puissent elles paraître, et transportés de joie ! Oui ! Celui qui entre ici à Jérusalem, si humble, est notre Dieu, pourtant si grand, si fort, si puissant ! Quel bonheur est le nôtre d’être l’ami et le disciple d’un tel Dieu !

vendredi 3 septembre 2010

Chapitre 19, versets 11 à 27

La parabole des mines :


En route vers Jérusalem avec Ses disciples, Jésus, pressentant qu’ils avaient une vision fausse de ce qui allait se produire (cf Luc 18,34), eut à cœur de la corriger. Dans une parabole qui réunissait tous les acteurs impliqués dans l’intrigue dont Il était le centre, Jésus situa chacun des événements de Son parcours dans la juste perspective chronologique dans laquelle ils étaient inclus :

1er événement imminent :

Jésus tient à détromper Ses disciples. L’événement majeur imminent qui était devant eux n’est pas l’instauration du royaume de Dieu, mais le retour de Jésus auprès du Père pour Son investiture royale. En effet, bien qu’ayant acquis par Sa mort la libération de l’humanité de la domination du malin, la procédure divine exige que ce ne soit pas de Lui-même qu’Il exerce la royauté, mais par un acte significatif de la volonté du Père. C’est pourquoi, après Sa mort, Dieu ressuscitera le Fils et L’élèvera dans les cieux pour le faire asseoir à sa droite jusqu’à ce que tous Ses ennemis soient devenus Son marchepied : Actes 2,32 à 36. Dieu seul pouvait faire Christ et Seigneur l’homme Jésus qui fut crucifié.

Pour l’heure, tout le détail de ce processus qui attend Jésus est caché aux yeux des disciples. Mais Jésus tient à les rendre conscient de son esquisse : ce qui est devant eux n’est pas l’ère du règne, mais de l’investiture. Si donc les choses sont ainsi, qu’est ce qui attend les disciples ? Plusieurs choses :

a. la 1ère est l’équipement personnel de chacun pour le service de Son nom et de Sa cause dans ce monde. Bien que différents, chacun des disciples, dit la parabole, est au départ gratifié du même capital qu’il est appelé à faire fructifier. Jésus ne précise pas ici à quoi correspond ce capital commun reçu par les disciples. Mais on peut penser, en lisant le livre des actes qui nous fait entrer dans la suite de l’histoire, qu’Il fait ici allusion au Saint-Esprit donné et au rôle de témoin du Christ qui en découle pour chacun qui le reçoit : Actes 1,8.

b. Après l’équipement, viendra le temps du travail, c’est-à-dire, de l’engagement au service des intérêts du futur Roi du capital reçu. Ce temps correspond au temps de l’absence visible du Roi. C’est un temps dans lequel nous sommes appelés à travailler de mieux en mieux au service du Seigneur, sachant, dit Paul, que notre travail ne sera pas vain : 1 Cor 15,58.

Le second événement : le retour du Roi

Si long que soit le temps de l’absence, il se terminera. Vient le moment où, couronné et investi de l’autorité royale, le Roi revient pour entrer en possession effective de Son règne : cf Psaume 2,7-9 ; Apoc 11,15. Suit alors pour chacun le temps du jugement et du compte-rendu de son attitude et du comportement dont il a fait preuve au temps de l’absence :

a. pour les serviteurs, la récompense est proportionnelle au degré d’engagement, degré mesuré par les profits acquis pour le Roi dans le temps du service. Jésus avertit : aucune excuse, ni circonstance atténuante ne sera prise en compte justifiant les serviteurs négligents. Chacun, à son niveau, d’une manière ou d’une autre, a les moyens de faire fructifier un tant soit peu ce qu’il a reçu de Dieu ! La stérilité dans le service de Dieu ne peut avoir qu’une seule explication : l’ingratitude et la paresse. Pour qui est dans ce cas, non seulement aucune récompense ne sera donné, mais il se verra même dépouillé de la richesse initiale reçue au profit de celui qui aura le plus travaillé. On ne se moque pas de Dieu, qui sait rendre à celui qui est ingrat selon son ingratitude et à celui qui Lui est dévoué selon sa dévotion : cf Ps 18,26-27.

b. Pour ceux qui, au temps de l’absence, auront démontré par leurs actes qu’ils Le haîssaient et ne voulaient pas de Sa royauté sur eux, le Roi décidera d’un seul arrêt pour tous : la mort, l’exécution en Sa présence !

Tous, nous faisons partie de l’une ou l’autre des catégories citées dans la parabole. La question se pose : à qui, de tous les personnages mentionnés hormis le Roi, pouvons-nous nous identifier ?

jeudi 2 septembre 2010

Chapitre 19, versets 1 à 10

Rencontre avec Zachée

Après Bartimée, que la foule voulait faire taire, Zachée, que la population méprisait, fut la 2ème personne qui bénéficia du passage de Jésus à Jéricho. Si Zachée ne connaissait Jésus que par ouï-dire, Celui-ci manifestement, sans l’avoir jamais rencontré, savait déjà tout de lui. Bien avant que nous Le connaissions, il apparaît que Jésus nous connaît. Nathanaël, sous son figuier : Jean 1,48, et Zachée sur son sycomore en sont la preuve. L’arrêt de Jésus à Jéricho dans la maison de Zachée, personnage abhorré à cause de sa fonction, nous rappelle également que nous devons veiller à ne pas juger d’après l’apparence pour reconnaître et trouver dans tous les lieux où le Seigneur passe, les enfants d’Abraham. Il se peut fort bien que tel personnage qui, aujourd’hui, ne fait que nous inspirer mépris et dégoût, soit demain le frère qui accueille Jésus et Ses disciples dans sa maison. Que Dieu nous donne, comme l’était Jésus, d’être sans préjugé envers tous les êtres qu’Il met sur notre chemin.

Si beaucoup se pressait autour de Jésus pour le voir, nul peut-être n’en avait plus envie à Jéricho que Zachée. Handicapé par sa petite taille, Zachée ne considéra pas l’obstacle insurmontable. Au mépris de son honneur et de sa personne, il choisit donc de se porter en avant sur la route où devait passer Jésus et, juché sur un sycomore, de l’attendre là. Nul doute que, assis dans son arbre, Zachée ne s’attendait pas à ce que Jésus s’arrête là où il se trouve pour l’interpeller et le convier à descendre pour Le recevoir dans sa maison. Qui était-il pour être digne d’un tel honneur ? C’est chez lui cependant, parmi tous les habitants de la ville, que Jésus avait choisi de s’arrêter.

Alors que les habitants ne connaissaient Zachée que du dehors, Jésus, à qui rien n’échappait, savait ce qui habitait le chef des publicains de la ville. Il connaissait l’intention qui l’animait lorsque, empêché de Le voir par la foule, il développa des trésors d’ingéniosité pour y parvenir quand même. Un tel zèle, qui faisait fi de toute considération pour soi, dénotait de façon manifeste la réalité d’un désir qui allait au-delà de la curiosité. Zachée avait besoin de voir Jésus, parce qu’il savait quelque part que Lui n’était pas comme les autres qui, rapidement, le jugeaient sans savoir ce qui, intérieurement, le rongeait. Jésus l’ayant assuré de Son amitié, la décision de Zachée fut immédiate. Il renoncerait à jamais à la façon avec laquelle, jusque là, il avait exercé son métier. Il ne serait plus jamais un voleur.

Apprenons ici de Jésus. Trop souvent, face aux pécheurs, nous nous comportons comme le faisait l’entourage de Zachée, en juges. Soit nous les méprisons, soit, sans leur montrer quoi que ce soit comme considération et intérêt pour leurs personnes, nous exigeons d’eux qu’ils changent. Nous mettons alors la charrue avant les bœufs. Avec Zachée, Jésus nous enseigne que seul l’amour, et la découverte de ce que Lui est, a le pouvoir d’amener un homme à se condamner lui-même et à se réformer véritablement. C’est, non la loi, mais la découverte de la grâce qui amène un homme à vivre dans la vérité : Jean 1,17. Que Dieu nous donne dans notre relation avec les hommes de ce monde de placer toujours les choses dans le bon ordre !

mercredi 1 septembre 2010

Chapitre 18, versets 35 à 43

Guérison d’un aveugle à Jéricho :


En route vers Jérusalem, où Il sait ce qui L’attend, Jésus a de nouveau l’occasion de manifester aux yeux de tous Sa messianité par la guérison d’un aveugle. Du récit qu’en fait Luc, deux leçons peuvent être retenues :

1. la 1ère est liée à l’aveugle. Si sa guérison est totalement l’œuvre de la puissance de Dieu à travers Jésus, le récit montre clairement qu’elle n’aurait jamais eu lieu sans l’insistance, contre vents et marées, de l’aveugle. Entendant que c’était Jésus qui passait sur le chemin au bord duquel il mendiait, l’aveugle comprit que passait aussi devant lui son ultime chance d’être guéri. Dès lors, rien ni personne ne put l’empêcher de crier à Jésus jusqu’à ce qu’il soit entendu et obtienne gain de cause.

Sans le chercher, l’aveugle, identifié par Marc sous le nom de Bartimée : Marc 10,46, nous enseigne par son attitude ce qui fait que Dieu entend et exauce notre prière. La 1ère chose est que, bien qu’aveugle et mendiant, Bartimée ne se plaisait ni ne se complaisait à son sort. De manière évidente, Bartimée aurait donné tout l’or du monde pour ne plus vivre la vie misérable qu’il vivait. La première question que nous pose Bartimée est donc la suivante : suis-je pour ma part suffisamment désespéré de mon état et désireux d’un changement pour solliciter avec force l’intervention puissante de Dieu dans ma vie ? La seconde chose que nous enseigne Bartimée est que, si les promesses d’exaucement à la prière sont données à tous, Dieu se plaît à répondre à ceux chez qui la demande qu’ils Lui adressent correspond à un réel fardeau. Jésus, certes, a guéri Bartimée, mais, peut-on dire, c’est l’insistance de Bartimée qui, aussi, lui a permis d’arracher cet exaucement au Seigneur qui ne faisait que passer et, pourrait-on dire, n’avait pas prévu de s’arrêter ici. De quelle teneur, nous interroge Bartimée, sont les prières que nous adressons à Dieu ? Sont-elles formalité, devoir, ou expriment elles un fardeau et une souffrance réels pesant sur nos cœurs ?

2. la seconde est dans le contraste entre les sentiments et la conscience qu’a Jésus de ce qui, bientôt, L’attend et ceux de la foule qui L’acclame et loue Dieu pour les œuvres qu’Il fait. Ce contraste témoigne à sa manière de la différence de pensées et de sentiments et de perception de la réalité qui, souvent, habitent les hommes de Dieu qui vivent dans ce monde d’avec leur entourage. De manière évidente, même s’Il est très entouré, Jésus marche seul vers le destin qui L’attend à Jérusalem. Ni Ses disciples, ni la foule versatile qui Le suit ne sont en mesure de communier au fardeau intérieur personnel qu’Il porte, fardeau qui, malgré tout, ne L’empêche pas de soulager en chemin celui des autres ! S’il y a bien un exemple d’abnégation qui existe, c’est ici que nous le rencontrons. Que Dieu nous rappelle chaque jour constamment de quel amour Son Fils a fait preuve pour nous !