mardi 14 septembre 2010

Chapitre 20, versets 1 à 8

L’autorité de Jésus


Entré dans les murs de Jérusalem pour ce qu’on pourrait appeler la dernière ligne droite de Son parcours, Jésus, tel le condamné dans l’arène, fait l’expérience que, désormais, le plus dur est arrivé. Si l’heure est venue pour Lui d’accomplir ce pour quoi Il a été envoyé par le Père dans le monde, c’est aussi, en préambule, celle de la vérité qui sonne ici. Comme Il vient de le dire, Jésus se trouve, à Jérusalem et dans le temple, dans le repaire même de Ses ennemis les plus farouches. Si, dans le passé, de nombreuses escarmouches ont ponctué Ses rencontres avec l’élite religieuse du pays, l’heure de la confrontation directe et de la bataille finale a sonné. En effet, pour les responsables religieux du peuple, les choses n’ont que trop duré. Il faut en avoir le cœur net : au plus vite, la question Jésus doit être tranchée. Le « poisson » est dans le filet, et pas question qu’il ne s’en échappe. Le moment est donc venu de réunir les preuves qui permettront, au jour de Son procès, de Le confondre. La première question, au fond la principale, est posée : « Dis-nous, Jésus, par quelle autorité fais-tu tout ce que tu fais. Qui te L’a donné ? »

La question est centrale. En effet, seule l’autorité que l’on possède peut permettre de faire avec légitimité aux yeux des autres ce que l’on fait dans la position que l’on occupe. Je ne peux, par exemple, agir en tant que père à l’égard de mes enfants que parce que, dans les faits, je le suis effectivement. Toute autre personne qui se comporterait comme je le fais envers eux serait un usurpateur. L’autorité ne se décrète, ni ne s’invente. Soit elle nous est donnée de fait à cause de ce que l’on est (l’exemple du père), soit elle nous est conférée par mandat (l’exemple du gérant). Pour ce qui concerne Jésus, en train de chasser les vendeurs du temple, la maison de Dieu, la question est cruciale. Si Jésus n’a pas l’autorité requise pour agir comme il le fait, malgré toutes les qualités que, par ailleurs, Il pourrait posséder, Il est un usurpateur. Si par contre, il peut être établi que c’est de Dieu qu’Il a reçu Son mandat, Ses actes sont légitimes.

Jésus ne répondra pas directement à la question. Pour deux raisons essentielles : la première est qu’Il sait que ce n’est pas à celui qui est mis en cause dans le domaine de l’autorité de fournir lui-même les pièces servant à sa justification ; la seconde est que, quoi que ce soit comme preuves qu’Il puisse avancer, de toutes manières, Il ne sera pas cru. La manière directe n’étant pas la bonne, Jésus va utiliser deux procédés pour répondre à Ses interlocuteurs : le questionnement, pour les placer face à leurs propres contradictions, et la parabole, pour les amener eux-mêmes par la déduction à recevoir la réponse à leur question ?

En ce qui concerne le domaine spirituel ou religieux, Jésus le sait : la légitimité pour l’exercice d’un ministère, quel qu’il soit, ne peut venir que d’une seule source : du ciel. Si ce n’est Dieu Lui-même qui nous appelle et nous qualifie pour agir en Son nom, nous ne sommes que des faussaires. Plutôt donc que de répondre pour Lui-même, Jésus va interroger Ses quêteurs sur celui qui l’a précédé : Jean-Baptiste. Les deux ministères étant liés l’un à l’autre, la conclusion est simple et logique : si Jean a reçu son mandat de Dieu, alors Jésus aussi. Si Jean agissait de son propre chef, alors rien n’autorise à penser que Jésus est bien un envoyé de Dieu. L’embarras des chefs religieux fut grand. Car la conviction de tous en Israël est que Jean était un véritable prophète. Le contester serait s’attirer les foudres du peuple. Le reconnaître serait se mettre soi-même en porte-à-faux, les chefs étant peut-être les seuls à n’avoir pas cru en lui. Le choix fut fait de ne pas répondre, choix auquel Jésus joignit le Sien en ce qui Le concerne. Pour autant, le dialogue ne se termine pas ici. La parabole qui suit va donner aux chefs religieux l’occasion d’entendre très clairement la vérité de Dieu au sujet de Jésus.

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