mardi 9 mars 2010

Chapitre 9, versets 23 à 26


Etre disciple de Christ :

Ayant évoqué le prix qu’allait Lui coûter, en tant que Fils de l’homme, le fait d’être le Christ de Dieu, Jésus poursuit en rendant conscient les disciples du prix qu’à leur tour ils doivent être prêt à payer pour Le suivre. Ce prix à payer, Jésus le formule ici sous la forme de deux expressions qu’il fait suivre immédiatement après d’un regard en perspective sur le gain qu’elles procureront à tous ceux qui seront prêts à y adhérer.

Analyse : Si quelqu’un veut venir à ma suite :

1. Qu’il se renie lui-même :

Jésus aurait pu, parlant du prix à payer pour le suivre, aller crescendo. Il ne l’a pas fait. D’entrée, Il tient à placer les Siens devant la hauteur la plus élevée à laquelle la barre est placée dans la perspective de ce but. Suivre Jésus ne peut se comprendre autrement et pas moins que cela. Ce reniement de soi ne consiste pas seulement dans le reniement de l’idée et de la poursuite de la réussite ou du succès sur le plan humain de sa vie dans ce monde. A l’instar de ce qu’a vécu Jésus, il peut aller jusqu’à l’abandon, la trahison à cause de la vérité de Ses propres amis et enfants spirituels. Se renier soi-même inclut l’idée d’accepter d’être, à cause de Dieu et de Sa vérité, s’il le faut, le grand Perdant avec un grand p. Un perdant à l’image de Paul qui, par exemple, s’est vu rejeter du sein même d’églises que, par la grâce de Dieu, il avait implanté. L’objectif de la gloire et de la récompense éternelles pour notre fidélité à Dieu nous éblouit-il au point de faire pâlir l’éclat de toute réussite ici-bas ? Notre reniement de nous-mêmes n’est pas authentique s’il n’atteint pas ce niveau là.

2. Qu’il se charge de sa croix

La croix, à l’époque de Jésus, était le châtiment réservé aux condamnés à mort. Le reniement de soi-même est indissociable d’une vie vécue dans l’esprit de la croix. Ce n’est que celui qui a accepté de tirer un trait sur sa propre vie dans ce monde qui est libre de suivre Jésus. Il est impossible de vouloir réellement suivre Jésus tout en voulant à tout prix être compris, accepté, considéré, aimé... et plaire à tout le monde. Suivre Christ conduit inévitablement à des moments où doit être fait un choix entre plaire à Dieu et plaire aux hommes : Gal 1,10. Si nous ne pouvons faire ce choix aujourd’hui, quand nous ne sommes l’objet d’aucune menace physique, qu’en sera-t-il lorsque, comme c’est le cas dans les pays où la persécution sévit, notre vie ou celle de nos proches seront en jeu ? Sommes-nous disciples de Christ !

3. Vue sur la récompense :

Bien qu’en évoquant la possibilité, Jésus ne fait pas ici pour autant l’apologie du martyr. L’apologète du martyr cherchera par lui-même à provoquer sa propre mort. Ce n’est pas là le discours que Jésus tient. Ce que Jésus veut est que la perspective de la gloire et de la récompense qu’Il nous promet, suite à notre fidélité, nous remplisse tant qu’elle nous donne la force, au moment voulu, d’être prêt à payer le prix maximal pour l’obtenir. Aucun martyr chrétien dans l’histoire n’était habité par une mentalité de suicidaire. Seul l’amour pour Dieu et la fidélité à Christ peut justifier le sacrifice de notre vie pour Lui. Celui qui perd sa vie pour cette cause n’est pas perdant, mais un grand Gagnant avec un grand G. Car tôt ou tard, la figure de ce monde, avec tout ce qu’il contient, passera pour faire place au royaume éternel de Dieu : 1 Cor 7,31. Que servirait-il donc à un être humain de gagner le mponde entier s’il fait la perte de son âme ?

Etre disciple, suivre Christ demande donc que dans nos vies nous ayons bien soupesé et évalué, à la fois le prix que nous aurons à payer pour cet engagement (ce que nous pourrions être amené à perdre), et la valeur de la récompense qui en est la fin. Que Dieu nous donne la sagesse de l’intelligence !

lundi 8 mars 2010

Chapitre 9, versets 18 à 22

Le Christ de Dieu


1. Questions

Nous ne savons pas ce qui faisait ici le contenu de la prière de Jésus. Toujours est-il que, quittant l’intimité du Père, Jésus manifesta de façon directe à Ses disciples les deux questions qui L’habitaient :

1ère question : les foules, qui disent-elles que Je suis ?

Autrement posée, elle peut, en conformité avec la pensée de Jésus, être formulée de cette manière : Où se situe, parmi ceux auprès desquels Je manifeste le témoignage de Ma divinité, le degré de leur conviction quant à Mon identité ? Les réponses divergent, mais elles se retrouvent sur un point : Jésus est à mettre à égalité avec les plus grands prophètes d’Israël du passé. Il serait même, de l’avis majoritaire, l’un de ceux-ci ressuscité.

L’initiative prise par Jésus d’interroger les disciples sur ce degré de conviction qui habite les foules nous rappelle que la foi chrétienne, telle que Jésus la comprend, a un contenu précis. Pour être chrétien, on ne peut croire au Jésus qui nous plaît. Jésus veut être connu et reconnu pour ce qu’Il est. Et tout homme qui confesse autre chose que ce qu’Il est ne saurait porter le nom de chrétien. Aussi, après la foule, Jésus confronte Ses propres disciples à la même question.

2ème question : Et vous, qui dites vous que Je suis ?

En terme de degré d’intimité et de proximité avec Lui, les disciples étaient à une distance nettement moins grande que la foule. Si, pour la foule, Jésus était l’égal d’une des plus grandes figures du passé, qu’en était-il pour eux qui vivaient avec Lui et Le côtoyaient chaque jour d’une façon plus intense ? Ce sera Pierre qui, d’abord en son propre nom, puis sans doute au nom de tous, répondra : Tu es le Christ, le Messie annoncé et attendu, l’Oint, l’Envoyé de Dieu.

La déclaration de Pierre souligne un principe applicable de manière permanente : plus nous vivons dans l’intimité et la proximité de Jésus, mieux nous sommes en mesure d’entrer dans la vérité de ce qu’Il est. Il est impossible de connaître qui est réellement Jésus à distance. La conviction qui nous anime dans la foi n’est pas d’abord liée à un dogme. Elle est et ne peut être que le résultat de la qualité et de la profondeur de notre relation avec Lui.

2. Eclaircissements

Pierre ayant répondu juste, Jésus va ajouter à la double question qu’Il a posé, un double supplément de paroles :

1er supplément : Il recommande sévèrement aux disciples de ne pas divulguer ce qui vient de s’être dit ici à Son sujet. Il est des moments où l’heure est au silence et d’autres à la parole : Ecclés 3,7. Ce n’est d’ailleurs pas sans raison que le Sage fait précéder l’action de parler de celle de se taire. Il y a toujours de la sagesse dans le fait de prendre le temps de réfléchir s’il convient, à l’heure et à l’endroit où nous sommes, de dire ou non ce que nous savons être vrai. La vérité a aussi son heure pour être dite. Pour l’heure justement, Jésus estime que le témoignage que les disciples donneraient à Son sujet serait plus nuisible à Sa cause que bénéfique, le peuple n’étant pas prêt, avant la résurrection, signe incontestable de la réalité de Son identité : Rom 1,4, d’entendre une telle chose.

2ème supplément : puisque les Douze sont arrivés à la conviction qu’Il est le Christ de Dieu, Jésus leur révèle le programme incontournable qui L’attend dans ce parcours de Christ qui est le Sien ici-bas. Ce programme passe par 4 verbes ou expressions fortes :

- 1er élément : Il faut que le Fils de l’homme (car c’est en cela que Jésus est le Christ Sauveur) souffre beaucoup. Beaucoup et, pourrait-on ajouter, de bien des manières : tant sur le plan physique que moral, mental, émotionnel et spirituel

- 2ème élément : il faut qu’il soit rejeté par les anciens et les principaux responsables religieux de la nation, conformément aux prophéties faites à Son sujet. Se faisant, Jésus invite les disciples à ne pas se faire d’illusions sur le type de Christ qu’Il sera. L’heure n’est pas pour Lui maintenant à la gloire, mais au rejet. Ceux qui veulent Le suivre ici-bas, et s’identifier avec Lui ne doivent pas s’attendre à mieux

- 3ème élément : il faut qu’Il soit mis à mort. C’est là la seule voie possible s’Il veut effectivement remplir Sa mission de Fils de l’homme, Christ de Dieu.

- 4ème élément : il faut qu’Il ressuscite le 3ème jour. Cet élément est autant, si ce n’est plus, incontournable pour valider de façon irréfutable l’identité de Jésus en tant que Christ, Envoyé de Dieu pour le salut du monde.

Notons que Jésus n’échappera à aucun des éléments du programme qu’Il annonce ici comme étant celui qui est réservé au Christ. Il les accomplira tous comme Il le dira au jour où Il expirera : Jean 19,30.



samedi 6 mars 2010

Chapitre 9,versets 12 à 17

Jésus rassasie des foules

Toute personne qui a été impliqué dans l’organisation d’un événement de masse sait à quel point la question de la gestion et de l’intendance est primordiale pour la réussite du rassemblement. On ne peut donc que compatir et s’associer à la crainte des disciples, voyant le jour baisser et les foules agglutinées autour de Jésus. Certes, il est bien qu’autant de monde entende Jésus et vienne vers Lui. Mais, au-delà du côté spirituel, il y a aussi des réalités pratiques, matérielles qu’il est nécessaire de prendre en compte. Jésus le réalise-t-il ? Lui qui est si imprégné du ciel, est-il conscient à cette heure qu’il est sur la terre et que, ici-bas, au-delà des grandes questions qu’Il traite, il y a des problèmes tout à fait terre à terre qu’il faut résoudre !

« Nous ne pouvons pas remplacer Jésus dans ce qu’Il a d’unique, se dirent les disciples. Lui seul peux parler comme Il parle du Royaume de Dieu. Là où nous pouvons être une aide pour Lui, c’est de le ramener à la réalité, d’être un peu Son pense-bête pour les choses pratiques. Allons et rendons Le sensible à la situation dans laquelle nous sommes ! »

Les disciples semblant faire preuve de plus de pragmatisme que Lui, Jésus, écoutant leur conseil, les invite à aller au bout de leur préoccupation légitime. Puisqu’il est vrai qu’il va falloir prendre en compte la situation, la foule nombreuse, le lieu désert, l’heure avancée, l’absence de nourriture, qu’au lieu de renvoyer purement et simplement les gens pour que chacun se débrouille, ce soit les disciples qui leur fournissent le nécessaire pour répondre à ce besoin ! Jésus se moque-t-Il des disciples ? S’amuse-t-Il à leurs dépens de leur faiblesse ? Le but est tout autre !

Si Jésus est le messager de Dieu envoyé du ciel, pour résoudre les questions si vitales ayant trait à la relation des hommes avec Dieu, combien plus, va-t-Il montrer aux Siens, est-Il qualifié pour solutionner les problèmes mineurs, tout à fait pratiques, qui sont pour nous souvent comme des montagnes. Jésus va en faire ici la démonstration !

Puisque les disciples se sont souciés à juste titre de la situation, Jésus ne va pas les laisser sans responsabilité. Il les invite donc à participer à ce qu’Il va faire et qui, jusqu’alors n’est connu que de Lui seul, en organisant l’arrangement de la foule par groupes de 50 personnes. La mission que donne Jésus aux disciples témoigne de ce qui, ici, fait partie des possibilités humaines. Il y a des choses dans l’œuvre de Dieu, que ce soit sur le plan spirituel comme pratique, qui relèvent de Dieu seul : ce sont les choses vitales, centrales. Les autres, celles qui sont à notre portée, ne sont que très secondaires dans le dénouement des situations.

Prenant le peu qu’il y a, Jésus le prit entre Ses mains, bénit Dieu et la foule, et fit sur le champ ce que personne n’était capable d’imaginer : rassasier chacun par le miracle de la multiplication du pain brisé. Que d’enseignements divers dans ce seule épisode sur l’identité de Jésus, le partenariat entre nous et Lui, le principe sur lequel s’opère le miracle de Dieu entre les mains de Jésus (le brisement précédant la multiplication en vue de rassasier tous !). Quel Maître, quel Seigneur, quel Sauveur est Jésus en toutes situations !

Que Dieu nous rappelle, lorsque rapidement nous nous sentons dépassés par une situation, qui est Jésus et qui Il a été ici dans le désert, un soir, avec une foule qui n’avait rien à manger !

vendredi 5 mars 2010

Chapitre 9, verset 11


La disponibilité de Jésus

Bien que désireux d’être à l’écart avec Ses disciples, Jésus, victime en quelque sorte de Sa notoriété, ne put empêcher les foules de Le suivre. Le phénomène, vérifiable encore aujourd’hui, nous rappelle qu’il est impossible pour quiconque de vivre le succès sans en connaître aussi les inconvénients : fin de la vie privée, intime, pouvoir d’attraction sur les foules qui, pour certains, ira jusqu’au harcèlement. Bien que contrarié dans Son désir d’être seul avec Ses proches, Jésus, pour autant, ne se montre ni bougon, ni mécontent. Au contraire ! Saisissant l’opportunité qui Lui est donnée, Il annonce une fois de plus, dit Luc, le règne de Dieu et, en signe de la réalité de la venue de celui-ci, guérit à l’instant même tous ceux qui souffraient de quelque mal que ce soit.

Se connaissant soi-même, et la difficulté, inhérente à notre nature, d’être disponible pour les autres, tout homme honnête et sincère ne peut qu’être admiratif de la liberté dont faisait preuve Jésus à ce sujet. Tout en Jésus, et non seulement les signes de puissance hors du commun qu’Il manifestait, témoigne de son identité divine, de la réalité de la nature différente qui L’habite et de l’être qu’Il est. Que Dieu nous donne, dans nos actions conscientes et non, d’être ce tout qui témoigne aussi, auprès des autres, de Sa présence en nous !

jeudi 4 mars 2010

Chapitre 9, versets 10 et 11

Compte-rendu et temps à part

De retour de leur courte expédition missionnaire, les Douze racontèrent à Jésus tout ce qu’ils avaient fait et vécu. Etre appelé par le Seigneur à une tâche, se former en vue du service sont en amont des nécessités incontournables. Pour autant, elles ne constituent pas la totalité des nécessités qui, dans le temps, conditionnent le vécu positif du ministère. A chaque instant, dans tout ce qu’il fait, le disciple du Christ et le serviteur de Dieu ont besoin de mettre à part des moments particuliers au cours desquels ils peuvent partager à plusieurs ou seuls ce qu’ils vivent en cours de route dans le service. Autant ces moments, montre le texte, sont le fait des apôtres, autant ils sont souhaités par le Maître qui, suite au témoignage qu’ils rendent de leur vécu à leur retour, les invite à se mettre à l’écart avec Lui.

S’il ne doit pas abuser de ce principe, le serviteur de Dieu doit toujours avoir à l’idée que sa façon d’employer le temps que le Seigneur lui donne dans ses journées diffère de celle des autres. La « rentabilité » du serviteur de Dieu, son efficacité comme la qualité de son service ne sont pas d’abord liés au nombre d’heures qu’il passe à faire. Si l’on obtient rien en ne faisant rien, on n’obtient peu ou presque rien en terme de qualité et d’efficacité dans le service sans moments d’intimité, de prière et de partage riches et réguliers avec le Seigneur. C’est dans ce moments que, non seulement, le serviteur rend compte, mais que, souvent, il reçoit de la part de son Maître les pensées qui lui permettent par la suite d’ajuster, de corriger, d’améliorer la façon avec laquelle il travaille. Entrer dans l’œuvre de Dieu ne consiste pas uniquement à remplir un cahier des charges prédéterminé. Si celui-ci est utile pour tracer les grandes lignes du faire, tout le vécu qui s’y trouve à l’intérieur est lié de manière vitale à la qualité des moments de proximité passés avec le Maître !

Que le Seigneur me donne chaque jour de me ressourcer à la source de sa présence !

mardi 2 mars 2010

Chapitre 9, versets 7 à 9

Perplexité d'Hérode

L’insertion par Luc, à ce stade de la rédaction de son Evangile, de la perplexité que provoquait chez Hérode, auteur de l’exécution de Jean-Baptiste, tout le bruit qui se faisait autour de Jésus, est intéressante à plusieurs titres :

1. elle nous donne une indication de la proportion qu’a prise, à ce stade de son ministère, la réputation de Jésus. Il y a bien un phénomène Jésus qui existe, prend de l’ampleur et devient incontournable. Se pose la question, à travers Hérode, pour les autorités, de savoir ce qu’il faut penser de ce phénomène et comment réagir face à lui.

Tant que le christianisme se contente d’être l’apanage d’une minorité qui reste discrète et ne perturbe pas l’ordre social, on le supporte bien. Après tout, chacun est libre de croire et d’adhérer à ce qu’il veut. Autre chose se produit cependant lorsque le phénomène prend de l’ampleur, qu’il provoque des remous et qu’il devient une donnée sur laquelle il n’est pas possible de faire l’impasse. De force positive qu’il est, il apparaît inévitablement pour le pouvoir en place comme un élément qui, en premier lieu, doit faire l’objet de surveillance et d’attention si ce n’est, par la suite si la chose continue, de répression et d’éradication. Rien ne paraît plus dangereux pour le pouvoir en place que quelque chose qu’il n’arrive ni à expliquer, ni à maîtriser.

2. elle nous donne un aperçu de la nature des bruits et des rumeurs qui s’étaient greffés sur ce phénomène nouveau qu’était Jésus en Son temps. Si le premier siècle n’était pas aussi doté que le nôtre en moyens d’informations de tous genres, ce que nous rapporte Luc ici montre à quel point les bruits et les rumeurs infondés, colportés de bouche à oreille, nuisent à la vérité. La question se pose donc à chacun de nous comme à Hérode de savoir sur quoi nous fondons dans nos vies nos jugements et l’opinion que nous nous faisons d’une chose, d’un phénomène, d’une idée : sur les faits, ce qui nécessite pour nous de remonter aussi près de la source qu’il est possible, ou sur l’interprétation souvent déformée que nous en donnent ceux qui n’ont fait qu’entendre dire des choses sur le sujet. Il y a fort à parier dans l’histoire qu’un grand nombre de martyrs aient, comme Jésus, été exécuté sur la base de malentendus ou de craintes non fondées dus aux bruits infondés répandus à leur propos.

3. elle souligne enfin le fait que ce qui gêne parfois les tenants du pourvoir (mais cela peut être vrai pour chacun) lors de l’émergence d’un phénomène nouveau n’est pas le phénomène en lui-même, mais ce qu’il ravive et réveille en eux. Nous pouvons comme Hérode éliminer ceux qui représentent à nos yeux des aiguillons qui nous gâchent la vie ou notre plaisir. Nous serons cependant impuissants pour faire taire la voix de notre conscience qui ne manquera pas, en temps voulu, de nous tourmenter en nous rappelant nos forfaits. « Ce sentiment qui convoque un homme au tribunal de Dieu est comme un gardien qui lui est donné pour l’éveiller et l’épier, et pour dévoiler tout ce qu’il aimerait cacher : Jean Calvin. » Dieu sait ainsi combien, dans ce monde, de crimes et d’injustices ont été commis qui, sous prétexte de sécurité, n’avaient pour raison d’être que le tourment d’une mauvais conscience rongée par l’accusation.

Que Dieu nous aide pour nous-mêmes à ne pas nous priver de la grâce de peur que nos fautes non confessées, telles des plantes nuisibles, produisent de mauvais rejets et n’occasionnent de nouveaux dégâts. Le sang de Christ seul a le pouvoir d’effacer nos péchés et apaiser nos consciences tourmentées : Hébr 12,15 ; 9,14 ; 10,22

lundi 1 mars 2010

Chapitre 9, versets 1 à 6


Envoi en mission des Douze

Après avoir pris avec Lui les douze qu’Il avait choisis, l’heure est venue pour Jésus de les équiper et de les envoyer à Sa suite pour qu’à leur tour ils proclament et manifestent le règne de Dieu. Dans la pensée de Jésus, Luc 8,1 a toujours pour objet d’être le préambule de Luc 9,1. Outre la mission et le service que nous sommes appelés à remplir pour l’heure, l’exemple de Jésus nous invite à ne pas en rester là mais, partout où c’est possible, à prendre des gens avec nous pour les former, les équiper, puis les envoyer pour qu’ils deviennent à leur tout de reproducteurs de ce que nous leur avons montré ! Tout le concept de mission mise en œuvre par Jésus repose sur un seul principe : celui de la multiplication. Nous ne faisons pas totalement l’œuvre de Jésus si notre pratique n’est pas l’expression de l’application de ce principe.

Etapes suivies et instructions données par Jésus pour l’envoi en mission des Douze :

ETAPES :

1ère étape : celle de Luc 8,1 : l’étape du modèle et de la démonstration. Il ne sert à rien de dire aux autres ce qu’ils devraient faire si nous ne leur montrons pas comment le faire. Si nous voulons que d’autres nous suivent, nous devons être les premiers à aller. Selon la méthode de Jésus, on apprend d’abord en regardant les autres faire, en les accompagnant dans leur sphère de service et d’activité plutôt que dans les livres.

2ème étape : Luc 9,1 : celle de l’heure de l’appel et de l’envoi. Notons que ce ne sont pas les Douze qui ont proposé à Jésus d’aller et de faire comme Il a fait. Mais c’est Jésus qui, seul, prend la décision d’appeler et d’envoyer. Nous devons être attentifs à ce fait. Si certaines vocations, pionnières, viennent d’une appel personnel et direct de Dieu, dans beaucoup d’autres cas l’entrée dans un ministère ou dans un service est le résultat de cette formation interne qui consiste à s’associer des personnes, non d’abord pour qu’elles fassent mais pour qu’elles nous voient faire, dans le service que nous accomplissons. En prenant la décision à un moment donné d’appeler et d’envoyer les Douze, Jésus nous incite à ne pas agir avec précipitation, mais à discerner quand est venu le temps de propulser quelqu’un pour le faire entrer dans le processus de reproduction de notre ministère.

3ème étape : celle de l’équipement et de la délégation d’autorité

Il est et demeurera toujours impossible de faire l’œuvre de Dieu et d’exercer un ministère sans avoir au préalable reçu l’équipement et l’autorité nécessaires à sa pratique. Pour les Douze, en contact avec Jésus, c’est directement de Lui qu’ils ont reçu cet équipement. L’exemple de Jésus souligne cependant pour nous la nécessité de ne pas nous contenter d’appeler et d’envoyer, mais d’installer au mieux celui que nous envoyons dans les conditions rendant possible le service. Cette installation au mieux requiert deux nécessités déjà citées, plus une autre qui leur est adjointe :

- la 1ère est l’équipement, ce qui peut vouloir dire un parcours de formation pratique et théologique

- la seconde est la délégation d’autorité qui consiste en une reconnaissance officielle et publique de la capacité et des dons reçus pour l’envoi.

- le dernière est une définition précise du contenu de la mission pour laquelle les Douze sont envoyés

Dans le cadre de la mission évoquée ici, l’autorité donnée par Jésus équivalait à un transfert de compétences et de pouvoirs donnés aux Douze sur les puissances adverses. Si le contenu de la délégation d’autorité peut varier, le principe, lui, doit demeurer.

INSTRUCTIONS :

Les Douze envoyés après Lui en mission, Jésus, avant de les laisser partir, leur donna des instructions pratiques précises sur la façon dont ils devaient, en route, se comporter et agir :

1ère instruction : un appel à une vie par la foi et à la dépendance de Dieu pour pourvoir à leur sécurité et à leurs besoins. C’est non de ses propres ressources, mais de Celui qui l’envoie que doit, pour tous ses besoins pratiques, dépendre l’envoyé. Cette obligation de la dépendance a au moins deux raisons :

- la 1ère est qu’elle une preuve de validation concrète de la réalité de l’appel de Dieu à l’égard de celui qui est envoyé. Si, croyant être appelé par Dieu, nous nous lançons dans une œuvre pour laquelle, en cours de route, Dieu ne pourvoit pas, il nous faut nous interroger : était-ce bien là le projet de Dieu ou le nôtre ? Dieu ne nous suivra dans nos projets que si c’est Lui-même qui, au départ, en est la source !

- la seconde est que la provision que Dieu donne en cours de route à ceux qu’Il envoie est un puissant témoignage de Sa bonté et de Sa fidélité à leur égard, mais aussi à l’égard de ceux qui croiront par leur témoignage. C’est par l’incarnation concrète de Sa grâce, dans les choses pratiques de la vie, envers ceux qui sont à Lui, que Dieu appelle ceux qui ne Le connaissent pas à Lui faire aussi confiance pour leurs propres vies.

Seconde instruction : une directive stratégique. La bonne nouvelle que les Douze sont chargés de proclamer est l’expression de la grâce et de la main tendue de Dieu pour ceux à qui elle s’adresse. Cette main tendue est à prendre ou à laisser. Jésus veut cependant que ceux qui en sont les bénéficiaires soient conscients des conséquences qu’aura pour leurs vies devant Dieu le refus de l’offre qui leur est faite à ce moment précis. Refuser le royaume de Dieu proposé, c’est refuser la seule alternative de réconciliation entre nous et Lui proposée par Dieu. C’est, par conséquent, opter soi-même pour le jugement et la condamnation. Si Jésus veut que les disciples manifestent, par les guérisons opérées, les signes du Royaume de Dieu, Il ordonne aussi que soient signifiées par eux de manière concrète les conséquences du refus de l’offre de grâce dont ils sont, de Sa part, les porteurs. Comme c’est en toute connaissance de cause du fait que l’Evangile est la vérité que se décident ceux qui y adhèrent, c’est en toute connaissance de cause des conséquences auxquelles conduit leur refus que doivent être placés les rebelles.