vendredi 22 octobre 2010

Chapitre 22, versets 63 à 71

Interrogatoire de Jésus devant le sanhédrin

Ayant donné au Père son oui pour boire la coupe de souffrance liée à l’expiation du péché et l’œuvre de salut du monde, Jésus n’offrit, à partir du moment où Il fut fait prisonnier, ni résistance, ni contestation aux mauvais traitements qui Lui furent infligés. Passif comme l’agneau qu’on mène à la boucherie : Esaïe 53,7, bien que Fils de Dieu, Jésus laisse Ses gardiens déchaînés Le tondre de Sa dignité. Ni respect pour Sa personne, ni reconnaissance à la présomption d’innocence à laquelle a droit tout justifiable ne Lui sont reconnus. Avant même Son procès, qui doit établir la cause de Sa condamnation, Jésus est traité comme un usurpateur. Les brutes qui s’occupent de Lui à cette heure ne font que démontrer ce que Dieu ne cesse de dire de l’homme naturel livré à lui-même, sans crainte d’une réprobation : un être capable des pires abjections et violences gratuites, contaminé dans toutes les parties de son être par le mal : Rom 3,10 à 18.

Avec le procès, nous entrons dans ce qui constitue le cœur du délit reproché à Jésus : Sa prétention à se présenter comme le Christ promis dans les Ecritures, le Fils du Dieu vivant ! Sommé de se justifier à ce sujet, Jésus ne répondra ni par l’affirmative, ni par la négative. Bien que ne niant rien, Il laissera Ses juges prononcer eux-mêmes le verdict qui Le concerne. L’ambiguïté des réponses de Jésus n’a ici rien de troublant. Sa vie entière et toutes les œuvres qu’Il a pratiqué depuis Son entrée dans le ministère après le baptême de Jean, témoignent avec force de ce qu’Il est. Si Ses juges n’ont pas trouvé jusque là d’évidences suffisantes pour reconnaître qui Il est, sans pour autant en trouver pour le nier, rien ne peut désormais y faire. Jésus sera donc condamné pour avoir osé prétendre qu'Il est le Fils de Dieu, ce qu’Il était réellement ! Il sera condamné sans qu’aucune preuve ne pourra être apportée du caractère usurpatoire de cette affirmation, le doute subsistant donc jusqu’au bout dans la tête de Ses juges.

Outre le caractère unique et arbitraire du jugement rendu ici, la façon dont Jésus se comporte est un exemple pour nous. Il nous montre que lorsque la mauvaise foi siège sur le trône de la justice, il n’est ni nécessaire, ni utile d’étayer sa défense. Il nous suffit, comme Jésus l’a dit, de dire ce qui sera de nous devant Dieu. Plus que des arguments, c’est notre assurance et notre espérance qui plaident le mieux en notre faveur : cf Actes 4,13. Rappelons-nous en en toutes circonstances : c’est dans la vérité seule que se trouve la puissance de Dieu !

jeudi 21 octobre 2010

Chapitre 22, versets 54 à 62

Reniement de Pierre

Jésus arrêté par les gardes, les disciples, conformément à la prophétie qui en avait été faite, des siècles auparavant : Zach 13,7 ; Mat 26,31, se dispersèrent. Pierre, cependant, ne put se résoudre à abandonner Jésus là. Ne pouvant Le suivre de près, comme il l’avait fait jusqu’alors, il se mit à Le suivre de loin, à distance, pour voir sans doute comment les choses allaient tourner et ce qui allait advenir de Lui.

Dans la démarche qu’il suivit, nul doute que Pierre eut voulu rester caché. Il se fit donc le plus discret possible, essayant de se confondre à la foule des curieux et des personnes qui se trouvaient là sans se faire remarquer. Il ne le put longtemps. Pierre ne pouvait effacer le passé, rayer de sa vie les trois années de proximité publique qu’il avait vécu avec Jésus. En se liant à Lui de la manière qu’il l’avait fait, Pierre s’était identifié aux yeux de tous à Jésus. Son nom, son visage, toute sa personne n’étaient connus à l’extérieur qu’en lien avec Jésus. Comme il lui sera dit à trois reprises, quoi qu’il s’en défende, il est l’un d’entre les disciples de Jésus.

Etre disciple de Jésus implique inévitablement que nous laissions après nous, autour de nous, partout où nous passons, des traces ineffaçables de notre identification avec Lui. Il arrivera peut-être des moments dans notre vie où, comme Pierre, nous aimerions rester cachés, être assis là incognito au milieu d’une foule de moqueurs ou d’ennemis de Jésus, sans qu’elle sache qui nous sommes. Nous ne le pouvons pas longtemps. Tôt ou tard vient le moment de vérité où, contraint, nous devrons nous positionner face à Jésus. Qu’allons nous dire ?

Comme Jésus le lui avait prédit, Pierre ne trouva pas la force suffisante en lui-même de Lui rester fidèle. Par trois fois, avant que le coq ne chante, il nia Le connaître et L’avoir suivi. Allant plus loin que Luc, Matthieu le fait même prendre Dieu à témoin contre lui et jurer de ne pas être lié en quoi que ce soit à cet homme : Mat 26,71. Sous la pression des hommes, et, derrière, de Satan : Luc 22,31, le reniement de Pierre à l’égard de Jésus ne fut pas prononcé du bout des lèvres. Il fut, au contraire, vif, total, l’expression d’une position tranchée et qui n’autorisait aucun appel.

Nous ne savons chez qui, lorsque les regards de Jésus et de Pierre se croisèrent, la douleur fut la plus grande. Ce qui est certain, cependant, est que la tristesse de Jésus ne fut pas la même que celle de Pierre. Jésus n’était pas déçu. Il savait d’avance dans quel scénario Pierre allait entrer. La tristesse de Jésus était pour Pierre, non pour Lui. Celle de Pierre était de se rendre compte qui il était, à quel point il avait pu se tromper sur lui-même.

Ne jetons pas la pierre à Pierre. Aucun de nous, sans la force du Saint-Esprit, n’est capable de mieux. Combien de fois, même nés de nouveau, n’avons nous pas fait preuve de lâcheté, eu honte de nous afficher comme disciples de Christ ! Comme Pierre, alors que nous aurions dû parler, nous nous sommes tus ! Seule la grâce et l’intercession de Christ fera que les pleurs amers de Pierre aboutiront à sa restauration. Aucune défaite, aucune trahison, si elle est suivie de repentance, ne nous disqualifie à jamais ! Que Dieu nous donne aujourd’hui de trouver en Lui les forces qui nous manquent en nous-mêmes pour Le suivre !

mardi 19 octobre 2010

Chapitre 22, versets 47 à 53

Arrestation de Jésus

Jésus ayant donné au Père Son plein accord pour boire jusqu’à la lie la coupe de Sa colère contre le péché, point n’est désormais utile d’attendre plus longtemps. L’Amen de Jésus à peine prononcé, une troupe de soldats armés, conduite par Judas, fait irruption dans le lieu où Il se trouve avec Ses disciples. L’arrestation de Jésus va donner lieu, entre Lui et les personnes présentes, a trois types de confrontation significatives :

1ère confrontation : Jésus et Judas

Jésus relève l’hypocrisie, plus, la perfidie dont il fait preuve dans le moyen qu’il a choisi pour indiquer à la troupe quel est Celui qu’elle doit arrêter. Nul doute que, si Judas signe par son geste la condamnation de Jésus, Jésus, par Sa remarque, fait la même chose pour Son ancien ami qui le trahit. La parole dite ici par Jésus ne quittera plus Judas qui, effaré par la prise de conscience soudaine de l’horreur de son geste, dévoré par le ver rongeur du remords irréparable, ne trouvera par la suite pas d’autre alternative que le suicide pour y échapper. Malheureusement pour lui, en vain !

Judas est la démonstration même du fait que Satan n’a pas d’amis. Ses complices ne sont que des outils temporaires qu’il utilise pour des fins précises, avant de les laisser livrés à eux-mêmes et leur propre condamnation. Ce n’est pas Jésus qui se trouve ici, par la perfidie de Judas, dans une impasse. C’est Judas ! En le livrant, il ne fait, pour son propre malheur, qu’accomplir ce qui est écrit : Psaume 41,10, ce qui était déterminé d’avance pour que le Christ, Jésus, soit le Sauveur du monde : Actes 2,23.

2ème confrontation : Jésus et les disciples

Pressentant ce qui allait se produire, les disciples restés fidèles réagirent. Pas question pour eux de laisser faire sans opposer un minimum de résistance. Sans attendre les instructions de Jésus sur ce qu’il convenait de faire, l’un d’eux, que Jean identifie à Pierre : Jean 18,10, se saisit de l’épée pour trancher l’oreille d’un des serviteurs du grand-prêtre. Il ne reçut en retour que la désapprobation du Maître qui, réparant sa faute et donnant une fois de plus la preuve de qui Il était, guérit à l’instant même l’oreille blessée de la victime de l’emportement de Pierre.

Le geste de Jésus à cet instant même est significatif. Il est évident que, s’il avait été retenu par ceux qui, par la suite, se réclamaient de Lui, toute l’histoire du monde en aurait été changé. Jamais, en aucune circonstance, pour aucun prétexte, il n’est justifiable qu’une seule goutte de sang ne soit versée pour la défense de la cause de Christ. Quiconque croit, en prenant l’épée, défendre de manière légitime les intérêts du Christ, se fourvoie totalement. Parce que le Christ, dans Sa nature est différent de tous et supérieur à tous, les armes avec lesquelles Ses serviteurs combattent pour Lui ne doivent en rien être la réplique de celles qu’utilisent Ses ennemis. Utiliser les mêmes armes qu’eux, c’est encourir, au même titre qu’eux, Sa réprobation. « Lorsqu’on lutte contre un mauvais adversaire avec les mêmes armes, les mêmes moyens que lui, on s’identifie forcément à lui. La juste cause est inévitablement corrompue par de mauvais moyens : Jacques Ellul »

3ème confrontation : Jésus et les chefs religieux

Jésus relève à leur encontre l’hypocrisie de leur comportement et, à cette heure, le caractère ténébreux de leur façon d’agir. Tous les jours, en effet, Jésus était, s’ils l’avaient voulu, à leur merci. Jamais, en aucune occasion, Il n’a cherché à fuir ou à se cacher d’eux pour agir, comme ils le font envers Lui, contre eux par derrière ou en douce. Une dernière fois, s’ils veulent bien l’entendre, le fait que Jésus était, de manière permanente, dans la lumière est une preuve incontestable que c’est en Dieu et par Dieu seul qu’Il vit : Jean 3,20-21. A contrario, l’attitude des chefs, venus de nuit et en catimini arrêter Jésus, témoigne d’une chose : ce qui les inspire n’est pas le Dieu de lumière, mais la puissance des ténèbres !

Tous les faits et les paroles relevés ici par Luc lors de l’arrestation de Jésus témoignent d’une seule réalité : les seuls coupables dans cette affaire sont ceux qui sont autour de Lui : Judas, par sa traîtrise et sa perfidie, les disciples, par leur mauvaise réaction, les chefs par leur lâcheté. Un seul est juste : c’est Lui. toute la suite de l’histoire jusqu’à la résurrection ne va faire que confirmer cette réalité !



lundi 18 octobre 2010

Chapitre 22, versets 39 à 46

Prière de Jésus au mont des Oliviers

C’est dans le lieu où Il avait coutume de se rendre pour être à l’écart, sur le mont des Oliviers, que Jésus sentit le besoin, avant d’affronter l’épreuve qui était devant Lui, de se retirer avec Ses disciples. Nous avons tous besoin, comme Jésus, de lieux précis qui sont pour nous des lieux de refuge, de repli même, dans lesquels nous pouvons nous retirer pour pouvoir vivre des temps de cœur à cœur avec Dieu : cf Mat 6,6. Bénédictions dans les temps de paix, ces lieux deviennent, dans le moment de l’épreuve, les lieux ultimes de ressources, les derniers que nous quitterons pour, après avoir rencontré Dieu et trouver en Lui les provisions de force qui nous sont nécessaires, affronter l’épreuve qui vient.

Les récits de Matthieu et de Marc divergent quelque peu de celui de Luc dans les détails de ce qui se vécut ici. Plusieurs constantes majeures reviennent cependant dans les récits :

1. Si Jésus est venu au mont des Oliviers, c’était pour avoir un temps de communion intense avec Son Père dans la prière. Si Matthieu et Marc mettent l’accent sur les aller et retour de Jésus vers Ses disciples endormis, ce qui a retenu l’attention de Luc est l’intensité avec laquelle Jésus prie ici. Il est le seul à témoigner de la souffrance mentale aiguë dans laquelle se trouvait Jésus, souffrance qui se traduisit par un phénomène hors du commun : la transformation de Sa sueur en grumeaux de sang qui perlaient sur Son visage et tombaient à terre. S’il est juste sur le plan historique (la mention manque dans plusieurs manuscrits anciens), le fait témoigne du combat qui fut Celui de Jésus à ce moment, combat que l’on sent aussi dans les autres écrits. Quoique présente dans toute Sa vie, la résistance de Jésus contre la tentation du péché, de la démission et du choix du chemin facile est ici à son sommet, une résistance qui va jusqu’au sang : Hébr 5,8 ; 12,3-4.

Si Jésus a souffert dans le combat qu’Il a mené au désert, au début de Son ministère, contre le diable, Il apparaît que la lutte la plus difficile qu’Il ait à soutenir est celle de Sa volonté face à celle de Son Père. Nous pensons parfois que nos plus grandes luttes sont celles que nous connaissons à l’égard du péché, du monde ou du diable. Il n’en est rien ! « Nos plus rudes batailles, témoigne Ronald Dunn, nous opposent à Dieu ! » . Telle est la leçon que dut apprendre en son temps Jacob : Genèse 32,23 à 33. Telle est l’expérience que connut ici Jésus. Telle sera la réalité qui conclura aussi nos vies !

2. Si Jésus est venu au mont des Oliviers avec Ses disciples, c’est qu’Il souhaitait leur accompagnement et leur soutien pour cette heure difficile qui était devant Lui. Il y a des choses que, comme Jésus ici, nous devons affronter seul. Pour autant, si nous sommes frères et que nous appartenons à une véritable communauté, nous ne devrions pas les vivre seuls. Même si les autres ne seront pas avec nous dans le moment le plus difficile, nous aurons vécu, dans les instants qui le précèdent, la réalité de leur soutien.

Jésus n’aura pas eu cette joie. Est-ce pour cette raison que, les hommes faisant défaut, Dieu enverra un ange pour Le fortifier ? Possible ! L’expérience vécue ici par Jésus est porteuse de deux leçons, essentielles à retenir pour tout serviteur de Dieu. la première est que la solitude est souvent la part de celui qui est appelé à de hautes destinées sur le plan spirituel, les hautes destinées se comprenant comme l’exigence d’un grand sacrifice pour accomplir le dessein que Dieu a en vue pour lui. La seconde est que, si les compagnons de route sont rares sur ce chemin, Dieu, Lui, ne manquera pas !

3. Le vécu de Jésus au mont des Oliviers est la démonstration de la justesse de Ses propos à Pierre au sujet de son incapacité, et celle des autres disciples, à Lui être fidèle jusqu’au bout. Elle est le prélude au scénario écrit et annoncé d’avance par Jésus à leur sujet, à savoir leur abandon à tous.

Combien sont douloureuses, et pourtant nécessaires, les leçons de vérité que nous enseignent la vie et l’école de la souffrance sur nous-mêmes. Nous ne pouvons ni suivre Jésus, ni mener avec Lui le combat d’ordre spirituel par nos propres forces. Il nous faut l’apprendre, pas une, mais de multiples fois. Que le vécu de ce jour m’aide à mieux apprécier encore le prix que Tu as payé pour mon salut et la nécessité d’être dans Ta proximité, Seigneur, pour sortir vainqueur des luttes liées à mon témoignage dans ce monde !

samedi 16 octobre 2010

Chapitre 22, versets 35 à 38

La bourse, le sac et l’épée

Totalement habité, depuis Son entrée à Jérusalem, par la perspective de Sa mort prochaine, Jésus, qui sait que Son arrestation n’est désormais plus qu’une question d’heures, fait part ici, une fois de plus, de Sa préoccupation pour les Siens. Car, si elle met un terme à l’itinérance de Son ministère, l’arrestation de Jésus porte en elle-même une autre conséquence. Elle signifie aussi pour les disciples la fin d’une étape. Jésus les invite donc à faire un bilan et à témoigner, à rendre compte pour eux-mêmes de leur vécu avec Lui durant ces quelques trois années pendant lesquelles, abandonnant toute sécurité, toute activité destinée à les faire vivre, ils se sont mis à Le suivre. Ont-ils manqué de quelque chose ? Leur foi en Lui, en réponse à Son appel à Le suivre, s’est-elle montrée décevante ? La réponse est unanime : Jésus a toujours été, en tant que Maître, en tout temps, en toutes circonstances, à la hauteur de Sa responsabilité !

Si jusqu’à présent les disciples ont pu accompagner leur Maître, Jésus veut les en rendre conscients : c’est désormais seul qu’Il va emprunter le chemin qui s’ouvre devant Lui. Pierre a eu beau protester du contraire : l’heure de la séparation (momentanée) est venue. On peut, en tant qu’amis de Jésus, Le suivre dans beaucoup de Ses œuvres et de Ses engagements. Il y a un domaine cependant dans lequel on ne trouve à côté de Lui nulle trace d’homme. C’est ce moment où, comme grand-prêtre, Jésus entre dans le lieu très saint pour, une fois pour toutes, par le sacrifice de Sa propre vie, faire l’expiation du péché du monde : Hébreux 8,7.11-12. Or, ce moment, cette heure pour laquelle Jésus est venu, est arrivé : Jean 12,23-24.

Privés de Jésus, ils doivent en prendre conscience, les disciples perdent d’un seul coup tous les bienfaits inhérents à Sa présence. D’une situation de privilégiés, ils basculent d’un instant à l’autre dans celle où se trouve le commun des mortels sans Jésus. Perdant Jésus, ils perdent Celui qui était le garant de leurs vies dans trois domaines :

- le domaine de la bourse : ils devront désormais eux-mêmes trouver les ressources pour leur propre besoin.

- le domaine du sac à provision : alors qu’ils ont vécu des provisions de la grâce de Dieu, c’en est fini ! Ils doivent eux-mêmes veiller à avoir assez pour leur lendemain.

- le domaine de l’épée : Jésus parti, la protection de leurs vies n’est plus autrement assurée que par leurs propres moyens de défense.

Serviteurs de Dieu, qui vivons à plein temps depuis de nombreuses années au service de Jésus, réalisons-nous à quel point Sa fidélité est la cause unique de notre qualité de vie ! Les années, les décennies passent et se succèdent : la fidélité de Jésus demeure ! Avec les disciples de la 1ère heure, nous ne pouvons, à l’égard de Jésus, que rendre le même témoignage : Jésus, Tu as été et tu es toujours à la hauteur ! Nous ne manquons de rien ! Tu es celui qui pourvoit à nos besoins vitaux de façon plus sûre que ne pourrait le faire la sécurité qu’offre un bon emploi ou les armes de défense humaine les plus sophistiquées. Tu te révèles, pour ceux qui sont à Ton service, le meilleur employeur, Celui qui se montre le plus soucieux de la satisfaction des Tiens dans leur besoins essentiels. Qu’honneur et gloire te soient rendus pour ce témoignage de fidélité séculaire dont, en tant que Maître, Tu as fait preuve envers tous Tes ouvriers !

vendredi 15 octobre 2010

Chapitre 22, versets 31 à 34

Jésus annonce le reniement futur de Pierre

S’il y a un disciple parmi les douze qui était bien placé pour être considéré comme le plus grand, c’était bien Pierre. N’était-il pas celui qui, le premier, avait confessé reconnaître en Jésus plus qu’un prophète, le Fils du Dieu vivant : Mat 16,16 ? N’était-il pas, avec Jacques et Jean, celui que le Seigneur avait choisi pour qu’il assiste, en privé, à Sa transfiguration : Luc 9,28 à 36 ; 2 Pier 1,16 à 18 ? N’était-il pas aussi celui à qui Jésus avait confié les clés permettant à tous les futurs croyants, d’origine juive ou païenne, d’entrer dans le Royaume : Mat 16,19 ; Actes 2 et 10 ? Une simple lecture des Evangiles et des premiers chapitres du livre des Actes suffit à le valider : du groupe des proches de Jésus, Pierre est bien, selon l’estimation humaine de la chose, le plus grand !

Peut-être parce qu’en son for intérieur Pierre le pensait, Jésus s’adressa à lui en particulier pour lui dire ce qui, bientôt, allait se produire. Une bataille spirituelle terrible allait avoir lieu. L’enjeu, la cible de cette bataille, initiée par le diable, était précise. Ce n’était pas Jésus (Satan avait-il déjà compris qu’il avait perdu face à Lui), mais Ses fidèles. L’objectif révélé des attaques menées par Satan rejoint en tous points celui que la prophétie de l’Apocalypse dévoile : Apoc 12,17. Puisqu’il ne peut atteindre la Tête, il s’attaque au corps ; puisqu’il ne peut tuer la mère, il s’en prend à sa progéniture. Dans cette épreuve qui viendra, Jésus l’annonce : aucun ne tiendra, Pierre, le fidèle parmi les fidèles, y compris.

De la même manière qu’il l’était à l’annonce par Jésus de Sa trahison par l’un des douze, Pierre est choqué, scandalisé ! Comment Jésus peut-Il dire une chose pareille ? Ne sait-Il pas à quel point Pierre Lui est attaché ? Ce que Jésus sait, c’est ce que Pierre ne sait pas encore ! C’est à quel point le cœur humain peut se tromper et s’abuser lui-même sur la capacité qu’il a à mettre en œuvre ses bonnes intentions. Jésus en rendra Pierre sensible avant l’heure même de son reniement, au moment où, à Gethsémané, il aurait dû, avec Lui, veiller et prier au lieu de dormir : Mat 26,40. Pour l’heure cependant, Pierre ne peut le concevoir. Il proteste, s’insurge, se défend ! Il en est sûr : jamais Il n’abandonnera Jésus. Il est prêt, non seulement à être jeté en prison, mais à mourir, s’il le faut, pour Lui et avec Lui.

Comme il en est pour Satan à l’égard de l’opinion qu’il se fait des hommes : Job 1,10 ; 2,6, la plupart des soi-disant certitudes que ceux-ci ont sur eux-mêmes s’avèrent, au filtre de l’épreuve, fausses, décevantes, illusoires. Non, l’homme n’a pas le pouvoir, seul, de tenir debout. Bien qu’il le pense, ce qui fait la colonne vertébrale de sa volonté naturelle est trop faible pour payer de sa vie son attachement à la vérité. Jésus, en passant, mentionne à Pierre l’unique cause à laquelle il devra, dans cette affaire, de ne pas s’être totalement écroulé : Sa prière pour lui et ses amis. C’est à la fidélité de Jésus seul que, nous Ses disciples, devons de ne pas Le renier et L’abandonner totalement ! Croyons-le bien ! S’il n’en tenait qu’à la force de nos résolutions, Satan n’aurait aucune peine à faire de nous des renégats et des apostats !

jeudi 14 octobre 2010

Chapitre 22, versets 24 à 30

Préoccupation hors-sujet

Bien qu’au bénéfice d’enseignements et d’une connaissance spirituelle capable de le faire entrer dans la compréhension même de la pensée et de la Personne de Dieu, le cœur humain ne change pas. Preuve en est par l’épisode relaté ici où, alors que Jésus se prépare à vivre, subir l’humiliation qui Le mènera à la croix, la seule question qui semble préoccuper les disciples est de savoir qui, parmi eux, peut être considéré comme le plus grand. Ce souci est d’autant plus étonnant que, quelques instants auparavant, les disciples s’interrogeaient et s’observaient pour discerner qui, parmi eux, pouvaient bien être le traître qui allait livrer le Maître à Ses juges. Le cœur humain n’est pas à une contradiction près. Il est si peu fiable que, d’une phrase à l’autre, il peut faire preuve de deux attitudes totalement contraires, sans que cela ne le gêne le moins du monde. Sans le Saint-Esprit, le cœur de l’homme, dit l’Ecriture, est tortueux et incurable : Jér 17,9. Ce n’est que sous Sa direction que notre vie peut réellement trouver unité et cohérence.

Puisque telle est la préoccupation des disciples, Jésus, au lieu de condamner, va y répondre. Il y a deux manières d’agir face à des préoccupations déplacées dans la vie des enfants de Dieu : soit les rabrouer, ce qui ne sert à rien, soit rebondir en convertissant leur mauvais sujet de réflexion en leçon bénéfique pour l’avenir. Il arrivera que Jésus rabroue, mais Il fera toujours suivre le reproche d’un enseignement didactique utile. Apprenons de Lui !

L’objet de discussion des disciples portant sur la grandeur, Jésus profite de l’occasion qui Lui est donnée pour faire part de Sa compréhension de cette notion : une compréhension à l’opposé de celle de ce que le monde entend sous ce nom. S’il y a bien quelqu’un qui soit apte à parler du sujet, c’est Jésus. Car qui, parmi les disciples, peut se vanter d’avoir la même origine, la même dignité, les mêmes pouvoirs que Lui ? De loin, en tous points, Jésus est Celui qui les surpasse. Pourtant, faisant référence à la grandeur, ce n’est sur aucun de ces points que Jésus s’appuiera pour en donner la définition. La véritable grandeur n’est pas celle qui consiste à montrer de quoi nous sommes capables pour nous élever, mais pour nous abaisser en vue du service ! Contrairement à la façon dont les grands de ce monde l’envisagent, la véritable grandeur ne se voit pas dans le fait d’être servi par les autres, mais dans la capacité de les servir ! Elle n’est pas dans la mesure de l’autorité et du pouvoir dont on fait preuve, mais dans les actes et les œuvres que l’amour qui nous inspire est capable d’engendrer en nous ! Si les disciples veulent se mesurer les uns aux autres, ce n’est pas vers le haut, mais vers le bas qu’ils doivent regarder. Le plus grand parmi eux est celui qui est capable de faire preuve de la plus grande humilité : non pas une humilité feinte, mais de celle issue d’une juste connaissance de soi alliée à une expérience de la grâce qui voit dans le service envers autrui une formidable opportunité de pratiquer l’amour en réponse à l’amour gratuit reçu de Dieu. Est grand celui qui, aimé de Dieu, répond, en servant autrui par amour ! 
Les disciples étant préoccupés du poids de gloire personnelle qui repose sur chacun, Jésus va aussi y répondre. Déjà, dans le passé, Jésus avait abordé ce sujet : Luc 18,28-30, leur laissant entendre qu’ils n’avaient pas à s’en soucier, Dieu ne pouvant être ingrat envers ceux qui auront démontré par leurs actes leur attachement à Sa Personne. Il le confirme ici de nouveau. Que les disciples ne s’inquiètent pas de la gloire qui leur est réservée ! Elle sera la même pour tous ! Ils seront ensemble, assis à la même table que Lui, dans Son royaume. Avec Lui, ils seront assis sur des trônes pour être juges des douze tribus d’Israël !

Avec le premier sur la question de la grandeur, il nous faut nous aussi entendre cet enseignement sur la gloire. Car, trop souvent, celle-ci habite la pensée des serviteurs de Dieu qui, comme les disciples, se lancent dans un jeu de comparaison et de compétition nuisible. Dieu ne regarde ni à la puissance d’influence que nous avons, ni à la popularité de notre ministère pour en juger la valeur. Ce qu’Il attend de nous est que nous soyons fidèles dans les occasions de services qu’Il met devant nous ! Pour le reste, c’est à Lui seul que les décisions honorifiques à notre encontre reviennent. Que ce soit les préoccupations qui sont celles de Dieu pour nous qui nous habitent, et non celles hors-sujet, liées à la flatterie de notre égo.