jeudi 29 avril 2010

Chapitre 11, versets 14 à 23


Soupçons aberrants

C’est au nom d’un principe fondé sur la logique et démontrable par les faits que Jésus répondra aux soupçons émis par ses adversaires contre Lui au sujet d’une éventuelle collaboration entre Lui et le prince des démons dans Ses actes d’exorcisme. Ce principe, qui vaut pour tous les royaumes et tous les organismes, affirme que seule une unité intérieure solide et infaillible peut assurer la pérennité et la survie d’une entité. Tout royaume, au contraire, déchiré et divisé en son sein ne peut, par l’effet domino que les tiraillements intérieurs produisent, que finir par s’écrouler sur lui-même. Satan serait donc un bien piètre stratège si, pour affermir son règne, il faisait déloger, à l’aide de Jésus, les esprits mauvais des places fortes qu’ils tiennent.

Au principe de base fondant Sa réponse aux soupçons aberrants portés sur Lui, Jésus va ajouter plusieurs autres éléments destinés à nourrir la réflexion de Ses contradicteurs :

1. Si Lui, Jésus, qui guérit les malades, opère des délivrances, ressuscite même des morts, chasse les démons par une association avec un pouvoir occulte, à qui sont alors associés ceux qui, parmi les juifs, sans égaler Jésus dans Ses œuvres, chassent aussi des démons ? Il est impossible de croire d’un côté que Satan obéirait à des exorcistes juifs sur la base de l’autorité de leurs paroles, et serait en même temps un collaborateur de Jésus dans le cas de délivrances combien plus puissantes. Jésus rappelle ici que la Vérité est une, sans quoi elle n’existe plus. La vérité est fondée sur une logique établie par des faits. Si l’on peut émettre des hypothèses, ce sont les faits qui sont la pierre d’angle du fondement de la construction de la vérité.

2. Si, par contre, l’éventualité que Ses opposants refusent de considérer, à savoir que c’est par le doigt de Dieu que s’opèrent les prodiges que Jésus accomplit, est réelle, alors ceux-ci doivent en tirer la conclusion qui s’impose. Avec la venue de Jésus sonne le glas du développement du royaume des ténèbres et la venue, l’intrusion ici-bas du Royaume de Dieu.

La suite de l’histoire, avec tout ce qu’aura apporté en termes de liberté, de délivrances et de transformations le christianisme, donnera largement raison à Jésus. Aujourd’hui encore, partout où le nom de Jésus est cru et reçu, cette avancée s’accompagne d’un recul de l’ignorance, de pratiques barbares, de comportements destructeurs, d’aliénations de toutes sortes. Il n’y a pas d’autre nom donné dans le monde que celui de Jésus par lequel il ait été fait la preuve qu’y être relié, c’est être relié à une puissance de régénération divine : cf Actes 4,12. Tous ceux qui l’ont expérimenté en témoignent : vivre avec Jésus, c’est vivre mieux avec soi-même, sa conscience, les autres, avec Dieu ! C’est sortir d’un royaume, d’une sphère spirituelle pour entrer dans une autre où l’atmosphère qui y règne est exempte de toute souillure

3. La seule explication qui tienne aux délivrances qu’opère Jésus est celle que chacun qui est honnête peut observer. Les actes libérateurs de Jésus témoignent de la supériorité incontestable de Jésus sur les puissances des ténèbres. Si forte soit-elle, celle-ci ne peut, face à Jésus, que rendre les armes, capituler, quitter la place et Le laisser libérer les captifs qui étaient sous leur coupe.

Pour ce qui nous concerne, chrétiens, on pourrait penser que ce que Jésus enseigne ici nous est utile de manière générale. Il n’en est rien. Dans l’explicatif détaillé de ce qu’Il décrit au sujet de la victoire prépondérante qu’il y a en Lui sur les forces des ténèbres, Jésus mentionne plusieurs éléments distincts à considérer pour que nous en ayons la vue la plus exacte et la plus entière :

- Jésus, non seulement, entre dans la maison occupée par l’esprit mauvais, mais Il lui enlève toutes les armes dans lesquelles il se confiait pour asservir et effrayer sa victime. Le pouvoir de Satan n’est pas imaginaire, il est coercitif et s’opère par quantité de mensonges qui, traduits, en craintes, accusations, asservissent les âmes. Jésus est venu, non seulement pour nous libérer du pouvoir de l’ennemi, mais pour rendre désormais inopérantes les armes qu’il utilisait pour faire de nous ses captifs.

- Jésus est venu pour distribuer le butin qu’Il a pris à l’ennemi. Il est possible que, sous la coupe de l’ennemi, nous ayons été les auteurs de beaucoup de méfaits. Prisonniers de Satan, nous étions pour lui comme une sorte de magasin dans lequel il entreposait ses œuvres mauvaises, tout ce qu’il avait volé. Jésus, non seulement nous délivre de Satan, mais Il nous donne, par Sa force, la capacité de restituer ce que nous avons volé : reconstruire des relations fondés sur la grâce et le pardon, rendre des objets matériels, faire du bien à la place du mal… ; cf Ephés 4,20 à 32

Que, par Sa grâce aujourd’hui, ma vie démontre la réalité et les effets de la présence du Royaume de Dieu dans le monde !





mardi 27 avril 2010

Chapitre 11, versets 5 à 13


L’esprit de la prière

Après avoir établi les priorités des préoccupations qui doivent être les nôtres dans la prière, Jésus complète la réponse qu’Il a donné à Son disciple qui L’interrogeait sur le sujet en racontant une parabole de laquelle il tire un enseignement sur l’esprit qui doit animer celui qui prie.

Comme il le fait souvent dans les paraboles qu’Il raconte, Jésus, pour appuyer l’enseignement qu’Il veut faire passer, place Ses auditeurs dans une situation extrême et improbable. :

1. Extrême et improbable quant au moment où elle se produit. Nous sommes au milieu de la nuit. Qui, qui soit animé d’un tant soit peu de bienséance, ferait ce que cet homme fait : aller frapper à la porte d’un ami pour lui demander un service ? N’est-ce pas là la meilleure manière de se fâcher avec lui ?

2. Extrême et improbable aussi quant à la raison de la demande. La seule raison qui vaille pour réveiller quelqu’un au milieu de la nuit tient, peut-on penser, à un cas de force majeure. Même si l’hospitalité est une qualité orientale, justifiait-elle une telle audace à cette heure indue ?

Il faut cependant noter dans l’histoire que Jésus raconte deux points dignes d’attention pour le sujet de la prière qui nous occupe :

1. le 1er est la confiance que, malgré l’heure tardive et la gêne qu’il sait qu’il va occasionner, l’homme qui frappe à la porte de son ami, a en lui. Certes, l’heure et les motifs pour lesquels il vient ne justifient pas sa démarche. Cependant, il pense que l’amitié qui le lie à celui qu’il va solliciter est suffisamment forte pour résister à cette contrariété. Il aura raison.

2. Notons ensuite que ce n’est pas pour lui-même, pour ses propres besoins qu’il dérange son ami, mais pour répondre à un devoir envers autrui pour lequel il n’a pas les ressources chez lui. Or, il sait que ce qu’il n’a pas, son ami l’aura et sera prêt à les lui donner. Pour la seconde fois, il ne se trompera pas

Suite à cette parabole extrême et improbable, dans laquelle le donateur qui cède à la demande importune paraît le faire à contre-cœur, Jésus invite Ses disciples à ne pas avoir de crainte de frapper avec insistance et persévérance à la porte du Royaume de Dieu pour Lui adresser leur demande. Il se peut que, lors de la première démarche, nous ne recevions pas immédiatement ce que nous espérions. Ne nous décourageons. Il n’y a pas ici de la part du Père un signe de mauvaise volonté. Si la demande n’est pas reçue, si la porte ne s’est pas ouverte, alors cherchons quelles en sont les causes. Nos motivations sont-elles justes ? Sont-elles trop centrées sur nous ? Visent-elles seulement pour fin la satisfaction de nos seuls intérêts ?

Par la parabole, Jésus souligne que le but de Dieu est de nous équiper de ce qui nous manque pour être les intermédiaires par lesquels Il pourvoit aux besoins de ceux qu’Il met, dans leur dénuement, à notre contact. Alors qu’ils ne savent pas à qui s’adresser, ils viennent vers nous. Or, si nous n’avons pas non plus ce qu’il faut pour répondre à leur attente, nous avons quelqu’un vers qui nous tourner, à la porte de qui nous pouvons frapper, toujours prêt et disposer pour nous aider et nous donner, sur le plan spirituel, ce qui nous est nécessaire. La prière, selon Jésus, est le moyen par lequel, au travers du canal qu’est l’enfant de Dieu, ce qui est au ciel peut être donné aux nécessiteux de la terre. Si le demandeur de la parabole croyait à la force de l’amitié tissé avec l’ami qu’il sollicite, malgré l’heure indue, son caractère bougon et le caractère injustifié de la demande à être reçu et exaucé, à combien plus forte raison pouvons-nous nous attendre à être reçu, entendu et pourvu par notre Père si désireux de nous donner.

Alors que des hommes dans le besoin frappent à notre porte, n’hésitons pas à frapper à la porte du ciel pour dire à Dieu ce qu’il nous faut pour répondre à leur attente : subsistance, sagesse, patience, aide concrète…Que cete certitude d’être accueilli par le Père nous remplisse de foi, d’audace et de joie dans nos prières !



vendredi 23 avril 2010

Chapitre 11, versets 2 à 4


Comment prier selon Jésus

La réponse de Jésus à la demande de Son disciple d’apprendre à prier comporte deux volets :

1. le 1er volet consiste en une prière type que Jésus formulera, prière dans laquelle figure un ordre de priorités dans les choses à dire et à demander au Père. La prière que Jésus donne est une prière pour les enfants de Dieu seulement, car personne ne peut appeler Dieu Père s’il n’est devenu, par la foi en Christ, Son fils ou sa fille.

2. Le second volet touche à l’esprit, à la foi qui doit nous animer lorsque nous prions. Prier, ce n’est pas seulement dire des phrases belles et justes devant Dieu. C’est demander avec insistance, persévérance. Jésus illustrera Son propos par une parabole suivie d’une enseignement.

Le 1er volet : la prière type donnée par Jésus comme modèle

Réduite par rapport à celle traduite par Matthieu : Mat 6,9 à 13, la prière énoncée par Jésus suit un ordre de priorité identique et précis :

1ère priorité : ce qui touche aux intérêts de Dieu : v 2

On pourrait penser que lorsque l’homme prie et s’adresse à Dieu, c’est en premier lieu pour lui faire part de ses désirs ou de ses besoins. Telle n’est pas la pensée de Jésus. Dieu, notre Père, a d’autres ambitions pour Ses enfants que de les voir graviter, dans leurs intérêts et leurs préoccupations, autour d’eux-mêmes, de leur petite personne ou de leur petit monde. Dans bien des situations, il se trouve que le simple fait de suivre l’ordre fixé par Jésus dans la prière contribue déjà en partie à la solution ou, tout au moins, à l’allégement du fardeau pour lequel nous avions décidé de venir devant Dieu.

Si Dieu ne néglige pas le fait que nous Lui fassions part de nos besoins, qu’ils soient d’ordre physique, psychologique ou spirituel, en nous demandant de fixer notre regard et nos préoccupations dans la prière en priorité sur ce qui touche à Ses intérêts, Dieu nous amène à viser ce qui est au cœur de tous les problèmes et désordres qui sont dans l’univers comme dans le monde. Tout ici-bas comme dans le ciel est en lien direct avec une seule chose : la relation que les êtres ont avec Dieu. Jésus a donc raison en établissant comme ordre de priorité à la prière le rétablissement des deux choses qui, suite à la rébellion de l’homme et des anges, sont, par le fait de leur contestation, la source de tous les dérèglements :

- que le nom de Dieu soit sanctifié : que Dieu, dans Sa Personne, soit reconnu comme le Tout Autre et respecté dans les cœurs pour cette identité unique qui est la Sienne

- que Son règne vienne : seule la royauté de Dieu a la puissance de fédérer les êtres dans une communion empreinte. de justice et d’amour

2ème priorité : nos besoins personnels liés au cours de notre vie présente. Ils sont selon Jésus de trois ordres qui englobent tout ce que le chrétien peut vivre :

- les besoins liés au corps : nourriture, vêtement, besoins autour desquels se greffent tout ce que leur obtention nécessite : métier, santé, propriétés…

- les besoins liés à nos relations dont le premier qui est celui du pardon de nos péchés, ce qui nécessite la volonté d’une vie dans l’honnêteté et la lumière devant Dieu. Jésus souligne le lien indissociable entre le pardon que l’on demande à Dieu et celui que l’on se doit d’accorder aux autres.

- les besoins liés enfin à la confrontation incontournable de l’enfant de Dieu avec le mal. Jésus nous invite à solliciter de la part de Son Père garde et protection à ce sujet.

Que Dieu soit béni pour l’exemple de prière que le Fils nous a donné pour nous Ses frères !


jeudi 22 avril 2010

Chapitre 11, verset 1


Enseigne-nous à prier

Etait-ce un oubli de Jésus ? Au vu de l’importance du sujet, la prière, on aurait pu s’attendre à trouver, sans qu’on le Lui demande, un enseignement spontané du Maître sur le sujet. Et cela d’autant plus que Jean, lui, l’a fait. La pédagogie de Jésus suit un autre parcours :

1. Avant de donner un enseignement sur la prière, la première chose que Jésus fait est qu’Il prie. Il passera beaucoup de temps à prier seul, mais aussi devant Ses disciples. Le meilleur modèle que nous ayons pour apprendre à prier est d’entendre, d’être aux côtés de ceux qui le font. Entendre la prière d’un homme, c’est connaître le fond de son cœur, de ses motivations. Certes, comme en commerce, il peut y avoir dans le domaine de la prière du clinquant et de l’imitation. Mais les produits de sous qualité ne trompent pas longtemps les chercheurs passionnés. Ce ne sont pas les paroles dites bien formulées qui font la profondeur de la prière, mais le soupir, l’esprit, le fardeau que l’on ressent au travers d’elle. Si la forme peut être imitée, le fond, qui est connectée à la vie et qui émane du cœur, peut l’être beaucoup plus difficilement.

2. Le texte ne le dit pas. Mais je ne pense pas être dans l’erreur en disant que la demande du disciple, qui voyait prier Jésus, de lui apprendre à le faire a dû pour Lui être cause d’une grande joie. D’une certaine façon pour Jésus, un premier but était atteint. Plutôt que de donner un enseignement ex-cathedra sur la prière, Il avait mis dans le cœur de quelqu’un qui était près de Lui le goût, l’aspiration à vivre ce qu’Il vivait. Le fait que Jésus ait attendu cette demande témoigne que ce n’est que auprès de ceux en qui le désir de prier existe réellement qu’un enseignement plus construit sur la prière, fait de lignes directrices précises, de fardeaux priorisés, vaut la peine d’être donné. On ne donne pas à boire, dit le proverbe, à un âne qui n’a pas soif. Dans tous les domaines de la vis spirituelle, celui de la prière peut-être encore plus que les autres, le désir, la soif, sont les préalables inconditionnels de la vie. Alors qu’assis sur le même banc, deux personnes écoutent le même enseignement, ce sont eux qui font la différence essentielle entre celui qui s’ennuie en écoutant et celui qui absorbe, reçoit. Face à une possibilité de formation proposée, ce sont une nouvelle fois eux qui sépareront les enthousiastes et les réfractaires.

Quels désirs nous anime ? Quelles motivations habitent nos cœurs ? Aujourd’hui encore, Jésus attend ceux qui, comme Son disciple, viennent vers Lui dans le but d’apprendre et de recevoir de Lui ! Pour ma part, après plusieurs décennies de vie chrétienne, la demande du disciple est encore la mienne : Seigneur, enseigne-moi encore à prier !

jeudi 15 avril 2010

Chapitre 10, versets 38 à 42



La bonne part

Pauvre Marthe ! N’est-elle pas celle qui, ayant entendu que Jésus passait par Béthanie, prit l’initiative de L’inviter, avec tous ceux qui L’accompagnaient, à sa table. Ne la trouvons-nous pas pleine d’empressement et de bonne volonté pour s’activer à ce que tout soit prêt et bien fait ? Ne fait-elle pas preuve du souci d’offrir au Seigneur le meilleur d’elle-même dans ce service qu’elle a elle-même décrété comme étant ce qui devait être fait pour accueillir Jésus ?

Pauvre Marthe ! Rien ne marche comme elle l’espérait ! La tâche s’avère finalement au-dessus de ses forces et de ses possibilités. Et pour cause ! Il allait sans dire qu’elle comptait sur Marie pour l’aider ! Après tout, la maison n’est pas qu’à elle. Elle n’est pas la seule à recevoir. Mais Marie lui a fait faux bond. Elle est la seule à s’affairer, suer pendant que sa sœur ne fait rien. Pauvre Marthe ! En plus du stress et de la fatigue, la voilà qui, petit à petit, est gagnée par le dépit et l’amertume… et la colère.

Ne nous arrive-t-il pas souvent de nous trouver dans la situation de Marthe ? Souvent comme elle (ou comme le roi David, par exemple : 2 Sam 7,1 à 3), il surgit de notre esprit une bonne idée au sujet de ce que nous pourrions faire pour le Seigneur. Convaincu de l’excellence de cette idée, sans consulter personne ou la soumettre à d’autres, nous nous activons, convaincus que ceux qui nous entourent ne pourront qu’y adhérer. Ne faisons-nous pas le bien ? Ce que nous entreprenons n’est-il pas que pour la gloire et le bien de Dieu ? Petit à petit, alors que nous avançons dans la réalisation de notre projet, il arrive que les choses ne se déroulent pas comme nous l’espérions. N’ayant pas vraiment calculé la dépense et le prix que notre projet allait nous coûter en termes d’engagement, nous nous trouvons soudain dépassés et submergés. De plus, il se trouve que les forces sur lesquelles nous avions compté, sans les consulter au départ, nous ont fait défaut. Nous nous retrouvons bientôt comme Marthe, au bord de la route, découragés et amers. D’où vient le problème ? De plusieurs causes :

1. la 1ère est celle dont fait part Jésus. Avant de décider de faire quoi que ce soit pour le Seigneur, la priorité des priorités dans tout service pour le Seigneur est, comme l’a fait Marie, de nous asseoir à Ses pieds pour être à Son écoute. C’est aux pieds de Jésus, dans le silence de l’écoute, et non dans notre propre esprit souvent agité, que doivent jaillir les impulsions directrices pour le service que le Seigneur attend réellement de nous. Avec Marthe, nous devons apprendre que nos meilleures idées pour le service de Dieu, si elles n’ont pas leur source en Lui, sont finalement mauvaises.

2. La seconde est que la force qui est à l’origine de nos actions est aussi celle par laquelle nous les réaliserons. S’il n’y a que nous à l’origine d’un projet, même un projet pour Dieu, il ne faut pas s’étonner si, comme Marthe, nous faisons en cours de route, l’expérience de son échec. Notre déception est à la hauteur de l’espoir et de l’investissement que nous avions mis dans le projet.

3. La troisième est que nous ne pouvons pas nous attendre à ce que les autres nous suivent dans un projet si, dès le départ, nous ne les avons pas associés à son élaboration.. Même si le projet auquel nous avons pensé vient de Dieu, nous devons nous garder de penser aux autres en termes de simples exécutants de nos idées. Nous voulons en faire des associés.

4. Lorsque les choses sont mises dans le bon ordre, les compétences et l’énergie d’une Marthe s’avèrent fort utiles. La « réprimande » de Jésus envers Marthe n’avait pas pour objet de l’abaisser, mais de l’amener à identifier ce qui n’allait pas et qui étaient la cause de l’amertume qui était dans son cœur.

Que Dieu nous donne de suivre le bon fil conducteur qu’Il nous indique comme étant celui qui doit être adopté pour tout service que nous pouvons Lui rendre ! Il est celui de qui, par qui et pour qui nous voulons vivre et être !

mercredi 14 avril 2010

Chapitre 10, versets 29 à 37



Qui est mon prochain ?

De manière évidente, la réponse de Jésus à la question posée par le spécialiste de la loi fit mouche. Preuve en est par le fait que, face à l’exigence devant laquelle le Seigneur le plaçait, Son interlocuteur chercha à s’esquiver. C’est mal connaître Jésus que de penser qu’en voulant le piéger, on puisse s’en tirer à bon compte. Tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, s’y sont essayés, se sont retrouvés dans la même position : de piégeur qu’ils pensaient être, ils se sont retrouvés en fin de parcours les piégés : cf Mat 22,15 à 40.

La question du spécialiste de la loi se déplaçant du souci de savoir que faire pour obtenir la vie éternelle à celui de distinguer qui est ce prochain que l’on doit aimer comme soi-même, Jésus va, pour la résoudre, raconter une histoire qui, si elle est fictive, aurait pu très bien être un fait divers qui s’est réellement passé. La méthode suivie par Jésus ici est un modèle. Nous pouvons, à l’égard de ce commandement qui nous est donné d’aimer notre prochain comme nous-mêmes, formuler de grandes et belles théories. En réalité, l’amour est d’abord et avant tout une question d’actes et de comportement. Dieu, nous dit la Bible, a tant aimé le monde qu’IL a donné Son Fils unique… : Jean 3,16. Jésus, qui avait aimé les Siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout… Pendant le dîner, Il se leva se table, se ceignit d’un linge et se mit à leur laver les pieds : Jean 13,1 à 5. Voulant montrer son amour pour le Seigneur, Marie prit un parfum pur de grand prix, le répandit sur les pieds de Jésus et les lui essuya avec ses cheveux : Jean 12,2. La meilleure façon de montrer ce que signifie aimer son prochain comme soi-même est de traduire cet enseignement par des actes.

La grande leçon qu’enseigne l’histoire que Jésus raconte est qu’aimer son prochain comme soi-même est indissociable au fait de faire preuve de compassion pour lui. Si les actes sont importants, ce qui les dépasse encore sont les motivations qui en sont à l’origine. Paul le dit autrement, mais son discours revient au même : nous pouvons nous sacrifier pour les autres, mais si l’amour n’est pas la cause de ce sacrifice, en vérité nos actes ne valent rien : 1 Cor 13,3. Ni le devoir, ni le sentiment d’obligation ne peuvent satisfaire l’exigence du commandement d’amour de Dieu à l’égard de son prochain.

Comment s’est traduite la compassion dont fut animé le samaritain qui secourut le blessé ? Jésus montre que, au lieu de considérer le risque qu’il encourait pour sa propre vie, le samaritain se mit à la place et dans la peau de la victime et fit pour lui ce qu’il aurait aimé que tout homme fasse à son égard s’il avait été à sa place. Cette règle qui guida les actes du samaritain est exactement celle que Jésus donna comme explication concrète de ce qu’est l’amour : Mat 7,12. Se faisant, Jésus montra au spécialiste de la loi que sa question, au sujet du prochain, était mal formulée. Notre préoccupation dans l'amour doit être non de chercher qui est le prochain que nous avons à aimer, mais d’être pour les autres, dans leurs besoins, le prochain que Dieu veut que nous soyons. Si nous ouvrons les yeux, nous verrons que sur le chemin sur lequel nous marchons, les occasions ne manqueront pas.

Que le Seigneur mette en mon cœur les motivations qui étaient dans le Sien lorsque, quittant Son ciel, Il vint pour se confondre avec nous sur cette terre !

mardi 13 avril 2010

Chapitre 10, versets 25 à 28


Jésus et le spécialiste de la loi

La question que pose ici le spécialiste de la loi à Jésus est révélatrice de l’état d’esprit qui l’habite. Tout le langage et la justice qui provient de la loi, dira Paul plus tard, repose sur une seule et même logique : le faire : Rom 10,5. Imprégné par cette idée qui, effectivement, se trouve dans la loi, il n’y a rien d’étonnant à ce que le spécialiste de la loi aborde la question de la justice qui conduit à la vie éternelle sur ce terrain.

Jésus, qui sait que cette logique est vouée à l’échec (toute l’histoire d’Israël dans l’Ancien Testament est là pour le démontrer), ne va pas pour autant, dans un premier temps, contredire le docteur de la loi. Puisque c’est par le faire que celui-ci veut atteindre la vie éternelle, Jésus invite son interlocuteur à bien lire la loi pour se placer devant ce qui en constitue à la fois le cœur et l’essence. Le procédé réussit. Ramené à la loi, le spécialiste de celle-ci est contraint à un premier constat. Plutôt que le verbe faire, c’est le verbe aimer que la loi elle-même présente comme la disposition de cœur majeure prise en compte par Dieu à l’égard de ceux qui, par son moyen, veulent être justes. De plus, aimer selon la loi a une signification précise, aussi bien en ce qui concerne la portée et l’objet de ceux qui sont concernés par cet amour, que sa qualité et son intensité. Aimer, c’est

- aimer Dieu de tout son cœur (dans toutes ses motivations), de toute son âme (avec toute ses facultés), de toute sa force (jamais sans demi-mesure) et de toute son intelligence (par toutes ses pensées)

- c’est aussi aimer son prochain autant que soi-même

Le spécialiste de la loi ayant bien répondu à la question de Jésus sur ce qui est écrit dans la loi, Celui-ci l’invite à mettre en pratique ce qu’il a compris. Jésus le lui assure : s’il fait vraiment cela, alors il vivra.

Apprenons de Jésus dans Sa façon d’évangéliser l’homme religieux. Trop souvent, convaincus avec raison que le chemin du faire n’est pas le bon, nous allons avec notre interlocuteur directement à la conclusion. Ce que Jésus nous apprend ici est que ce sont ceux qui s’engagent sur le chemin de la loi qui doivent eux-mêmes, par l’expérience, arriver à la conclusion qu’ils sont incapables de produire la justice qu’elle exige. La loi n’est pas une ennemie de l’Evangile ; elle prépare celui qui se place sous son joug au constat de son impuissance et à la découverte de la nécessité de la grâce : Gal 3,23-24. D’où la raison pour laquelle, dans l’ordre de la Révélation, la loi venue par Moïse a précédé la grâce apportée par Jésus-Christ : Jean 1,17.